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L'analyse graphique envoie des signaux positifs

09/05/2009 00:00 - JDF

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Procédons d'abord à un rappel des faits. Depuis 1957, date de son extension à 500 valeurs, le S&P 500 est passé de quelques dizaines de points à plus de 1.500 points en 2000. L'éclatement de la bulle technologique l'avait amené autour d'un premier point bas vers 800 points. Après être remonté, l'indice est retourné sous les 700 points en raison de la crise des subprimeset de la récession.
De son côté, le CAC 40 a été multiplié par presque 7 entre sa création et le point haut des années 2000. Par la suite, deux points bas ont été touchés. Un premier en mars 2003, à 2.403 points, et un autre en mars 2009, à 2.465 points. Entre ces deux niveaux, l'indice était parvenu à se redresser nettement, dépassant même les 6.000 points au premier semestre 2007.
Pour revenir sur la période la plus récente, le CAC 40 a enregistré un violent rebond. En l'espace de quelques semaines historiques, il s'est repris, à l'approche des 2.400 points, pour dépasser facilement les 3.000 points. Ce constat pertinent ne présage pas de ce qui se passera dans les prochaines semaines et les prochains mois.
Une affaire de configuration
Sommes-nous dans une configuration du type double creux ? Cette question mérite d'être posée après le rebond des dernières semaines. Les adeptes de l'analyse technique s'accordent à dire que les points bas du S&P 500 à 676 et du CAC 40 à 2.465 points sont des seuils déterminants. L'histoire se répète pour l'indice français. Déjà en 2003, le CAC 40 avait coté 2.403 points, avant de rebondir. D'où l'idée d'un double creux. Idée séduisante s'il en est car, si elle était validée, elle laisse espérer un fort rebond du CAC 40. Pour autant, nous ne sommes qu'au début de ce scénario. La situation sur le S&P 500 est quelque peu différente. Le point bas de 2009, à 676 points, est nettement au-dessous du plancher de 2003, proche des 800 points. Intuitivement, la lecture du graphique incite à considérer que l'indice évolue en « W ». Il ne manque plus que la dernière « patte », la plus importante, pour valider cette intuition.
Trois scénarios
En raison des incertitudes, nous en sommes réduits à faire des hypothèses. En effet, la simple observation des graphiques ne permet pas de conclure, mais elle ouvre des portes. Examinons d'abord le scénario le plus central. Grâce au puissant rebond des dernières semaines, de nombreux analystes considèrent que le CAC 40 peut rejoindre une zone comprise entre 3.600 et 3.800 points. En atteignant 3.700 points, l'indice accuserait une baisse de près de 40 % par rapport à son plus haut de 2007. Pour ce faire, il faudrait passer une zone de résistance majeure située entre 3.430 et 3.500 points.
Les deux autres scénarios sont plus marginaux. Le premier, pour les optimistes, revient à voir le CAC 40 retrouver les 4.500 points. Comme notre analyste Peter Milton l'écrivait la semaine dernière, il faudrait pour cela que les moyennes mobiles à 50 et à 150 jours se croisent à la hausse. Le second consiste à anticiper une rechute vers le plus bas de 2009. Dans l'hypothèse de ce scénario noir, il faudrait même envisager 2.400 points tout rond. Nous avons du mal à accorder une grande crédibilité à court terme à ce scénario, mais il est encore défendu, notamment par ceux qui croient à un double sommet sur les grands indices.
La configuration reste baissière à long terme
Vous l'aurez compris, notre vision issue de l'analyse graphique est positive à court terme. Pour autant, à long terme, le CAC 40 reste dans une configuration difficile. Le seuil des 4.000 points, une clé graphique et psychologique essentielle, demeure éloigné.
L'une des variables à surveiller sera bien sûr l'évolution du S&P 500. L'évocation des 500 points pour cet indice phare était à la mode avant le rebond. Si ce seuil nous paraît exagéré, le S&P 500 reste dans une configuration délicate. De fait, l'indice a largement enfoncé les plus bas de 2003. Dans ces conditions, un rebond semblable à celui de 2003-2007 nous paraît fort improbable. D'ailleurs, la violence de la baisse de 2008, avec pratiquement aucune reprise technique, incite à la prudence. Il faudrait au moins que l'indice repasse les 1.000 points pour que l'espoir laisse la place à des éléments plus concrets.
Comment agir sur les marchés
Sur le CAC 40, tant que nous ne sommes pas dans une zone comprise entre 3.600 et 3.800, voire 3.900 points, vous pouvez ramasser des valeurs spéculatives. Les solides rebonds enregistrés n'ont fait qu'atténuer la chute abyssale qu'elles ont subie. Les valeurs bancaires sont dans ce cas. Elles restent bien sûr loin de leurs plus hauts, ce qui en fait de bons véhicules pour des allers-retours de court terme. Les cycliques nous paraissent aussi incontournables, après avoir été survendues comme jamais dans l'histoire boursière.
Evidemment, il ne faudra pas s'entêter si par malheur l'indice repasse sous les 3.000 points.

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DOSSIER RÉALISÉ PAR OLIVIER AUBERGER