Le marché veut croire que le pire est derrière nous
En ayant recommandé la semaine dernière d'adopter une stratégie plus offensive en renforçant la part des actions dans les portefeuilles, nous avions fait le pari d'un rebond des Bourses mondiales à contre-courant des nouvelles économiques du moment. L'annonce cette semaine d'une chute historique de 6,1 % du PIB aux Etats-Unis confirme une forte dégradation de la conjoncture, mais la psychologie des opérateurs est en train de changer. Le marché semble avoir intégré les mauvaises nouvelles et il se prend à espérer que le pire est derrière nous. Ce regain d'optimisme a été renforcé cette semaine par les déclarations plutôt apaisantes du président de la Réserve fédérale, selon lesquelles l'activité devrait rester « faible encore quelque temps » ; mais la récession semble ralentir et les perspectives économiques commencent « à s'améliorer modestement ». La Fed reste prudente, mais ces déclarations montrent un changement de ton radical. C'est la raison pour laquelle les marchés ont préféré retenir les chiffres confirmant une légère amélioration de la confiance des ménages outre-Atlantique, plutôt que le PIB trimestriel considéré comme un indicateur retardé. Du côté des résultats des entreprises, c'est la même chose. A ce titre, le comportement des valeurs du secteur automobile est tout à fait significatif du changement intervenu dans la psychologie des opérateurs. Les titres Peugeot, Michelin et Renault ont tous rebondi très fortement après l'annonce de résultats trimestriels pourtant catastrophiques. Contrairement à ce qui s'est passé au cours des vingt-quatre mois précédents, les mauvaises nouvelles sont porteuses d'espoir de rebond en raison de l'extrême faiblesse des stocks, de l'intensification des mesures d'économies et, surtout, de certains signes de moindre dégradation de la tendance au cours de ces dernières semaines. Le secteur financier en tête des plus fortes hausses Même chose pour les banques, mises sur le « gril » par la mise en place des stress tests, qui montrent que la plupart des grands établissements américains auraient besoin d'être recapitalisés en cas de nouvelle dégradation de la conjoncture. Cette perspective n'a rien de réjouissant, mais elle ne constitue pas une surprise pour les investisseurs qui redoutaient il y a encore quelques semaines des faillites en chaîne parmi les plus grandes banques. Difficile de dire jusqu'où peut nous mener le rebond actuel : l'analyse technique envisage un premier objectif à 3.450 points en cas de franchissement de 3.150 points. Ce qui est sûr, c'est qu'il ne faut pas hésiter à adopter une stratégie plus offensive, en augmentant la part des « cycliques » au détriment des « défensives ». Et, surtout, du cash qui ne rapporte plus grand-chose, avec une rémunération tombée à 0,95 % en moyenne pour les Sicav monétaires.
