Après les crises de 73/74 et 80 nous vivons aujourd’hui la troisième vraie grande crise du pétrole. Le moment est donc venu de comprendre les mécanismes et balayer les idées reçues. Un baril à 40 dollars… Quel bonheur pour nos réservoirs !!! Mais est-ce vraiment raisonnable ? Ce prix détruit purement et simplement les investissements visant l’exploitation de nouveaux gisements et le développement de nouvelles énergies. On a aujourd’hui plus que jamais besoin de nouvelles sources d’approvisionnement. Un chiffre simple, la population mondiale passera de 6 millions en 2010 à 10 millions en 2050. On comprend vite que la demande en énergie va doubler et je ne parle même pas de la demande non linéaire mais exponentielle de la demande des pays émergents. La menace est donc bien présente. Mais la fin de l’histoire est simple, l’offre et la demande vont inéluctablement se rencontrer autour d’un prix d’équilibre : Cela signera alors un retour du baril à 150 dollars de Juillet 2008. A ce prix tout est possible, de l’exploitation des gisements bitumeux de l’Alberta au ratissage des fonds arctiques en passant par l’émergence des énergies renouvelables. Tout était encore possible… Mais que constate-t-on aujourd’hui ? Etat de crise oblige, la consommation baisse désespérément. L’Agence Internationale de l’Energie (AIE) prévoit pour 2009 la demande la plus basse depuis 1980. Elle devrait atteindre 85,3 M barils/jour, ce qui fait une chute d’1 million de barils/jour et personne ne peut prétendre savoir où s’arrêtera la descente aux enfers. Fatih Birol, économiste en chef de l’AIE, envisage un manque de production de 17 millions de barils/jour si les compagnies pétrolières n’investissent pas 400 milliards de dollars par an jusqu’à ce que la demande reprenne. Une demande supérieure à l’offre de 17 M barils/jour !!! On imagine mieux la future flambée du prix de l’or noir. Quant aux investissements, les analyses tablent sur une baisse de 25 % pour 2009 et on ne compte plus le nombre de projet mis en attente. On peut citer le Canada et son exploitation de sable bitumeux en Alberta ou encore l’Arabie Saoudite où le géant Aramco repoussa la production de trois de ses gisements. Les énergies renouvelables subissent les mêmes pressions et se voient également impactée directement par la crise des crédits. Comment se faire à l’idée que l’on se doit d’investir dans ce type d’énergie alors que les énergies fossiles sont plus rentables ??? La réponse est sans appel, on ne le peut pas ! On constate donc un frein sur le développement des énergies renouvelables (Eolien, Solaire, Géothermie, hydraulique etc.). L’avenir passe donc par une hausse inévitable des cours du pétrole. Fini le baril à 40 dollars, fini le litre à la pompe à 1 euro, il faudra s’y résoudre. Mais ce sera le prix à payer pour une révolution énergétique.