Les agences de travail temporaire se réorganisent en attendant la reprise
Lors d'une crise économique comme celle que nous vivons, les intérimaires, qui remplacent habituellement les salariés absents ou qui permettent aux entreprises de faire face à un surcroît d'activité, sont les premiers dont les contrats ne sont pas renouvelés. En France, le nombre d'intérimaires équivalents temps plein en activité est passé de 730.000 en janvier 2008 à 485.000 en février 2009.
Une activité en chute libre et des réseaux sous pression
La tendance s'est aggravée au cours des derniers mois. Ainsi, la demande de travail temporaire, tous secteurs confondus, a diminué de 35 % sur le premier trimestre 2009. Au total, selon les professionnels, l'activité devrait décroître de 10 à 12 % sur l'ensemble de l'année. Il est vrai que les secteurs les plus touchés par la crise, l'automobile et le bâtiment, sont habituellement ceux qui emploient le plus d'intérimaires.
Dans ce contexte difficile, les partenaires sociaux de l'intérim ont mis en place un plan d'aide, en plus des prestations délivrées par le Fonds d'action sociale du travail temporaire. Le but : assouplir la législation afin de faciliter et de maintenir les emplois intérimaires.
La chute d'activité est telle que les sociétés de travail temporaire, même les plus grandes, sont obligées de réorganiser leur réseau d'agences et d'ajuster le nombre de leurs salariés permanents : 500 postes ont été supprimés en France chez Vediorbis, 225 le seront d'ici à 2010 chez Manpower et près de 600 chez Adecco d'ici au mois de juin.
Ces trois groupes pèsent pour environ 70 % du marché français de l'intérim. Une domination qui n'est pas sans poser problème car les trois grands du secteur - Adecco, Manpower et Randstad (lequel a racheté Vediorbis) - ont été condamnés à payer une amende de 94,4 millions d'euros pour entente illégale sur les tarifs appliqués à leurs grands clients.
Petits et gros souffrent, mais ne baissent pas les bras pour autant. Pour 2009, la priorité est de limiter le recul du chiffre d'affaires tout en préservant les marges. Pour fidéliser les meilleurs intérimaires en cette période d'inactivité, les agences dépensent leurs budgets formation.
Il s'agit aussi de préparer la reprise - laquelle doit intervenir au mieux fin 2009 -, qui se traduira obligatoirement par une recrudescence des missions.
Au-delà du métier de base de l'intérim, qui génère encore 80 à 90 % des revenus, l'accent est mis sur des activités plus rémunératrices comme le recrutement, l'outplacement ou le management de transition.
Le recrutement de personnel permanent, par exemple, ne représente que 2 à 3 % du chiffre d'affaires des groupes comme Adecco ou Randstad, mais dégage une marge brute confortable de 10 à 12 % (contre autour de 6 % pour le coeur du métier).
Cette offre de services élargie constitue une réponse à une tendance de fond : l'externalisation d'une partie des ressources humaines, sur laquelle tous les groupes d'intérim cherchent à se positionner.
Vers une nouvelle phase de concentration
Dans cette course, mieux vaut disposer de la taille critique, d'autant que la crise pourrait entraîner une nouvelle phase de consolidation dans le secteur et creuser de fait l'écart entre gros et petits acteurs. Si se lancer dans une opération de croissance externe s'avère risqué dans le contexte actuel, les spéculations n'ont pas complètement disparu.
En effet, la reprise de Vediorbis par le néerlandais Randstad, fin 2007, puis la tentative avortée en août 2008 du suisse Adecco sur le britannique Michael Page montrent que les géants de l'intérim veulent asseoir leur position.
Une activité en chute libre et des réseaux sous pression
La tendance s'est aggravée au cours des derniers mois. Ainsi, la demande de travail temporaire, tous secteurs confondus, a diminué de 35 % sur le premier trimestre 2009. Au total, selon les professionnels, l'activité devrait décroître de 10 à 12 % sur l'ensemble de l'année. Il est vrai que les secteurs les plus touchés par la crise, l'automobile et le bâtiment, sont habituellement ceux qui emploient le plus d'intérimaires.
Dans ce contexte difficile, les partenaires sociaux de l'intérim ont mis en place un plan d'aide, en plus des prestations délivrées par le Fonds d'action sociale du travail temporaire. Le but : assouplir la législation afin de faciliter et de maintenir les emplois intérimaires.
La chute d'activité est telle que les sociétés de travail temporaire, même les plus grandes, sont obligées de réorganiser leur réseau d'agences et d'ajuster le nombre de leurs salariés permanents : 500 postes ont été supprimés en France chez Vediorbis, 225 le seront d'ici à 2010 chez Manpower et près de 600 chez Adecco d'ici au mois de juin.
Ces trois groupes pèsent pour environ 70 % du marché français de l'intérim. Une domination qui n'est pas sans poser problème car les trois grands du secteur - Adecco, Manpower et Randstad (lequel a racheté Vediorbis) - ont été condamnés à payer une amende de 94,4 millions d'euros pour entente illégale sur les tarifs appliqués à leurs grands clients.
Petits et gros souffrent, mais ne baissent pas les bras pour autant. Pour 2009, la priorité est de limiter le recul du chiffre d'affaires tout en préservant les marges. Pour fidéliser les meilleurs intérimaires en cette période d'inactivité, les agences dépensent leurs budgets formation.
Il s'agit aussi de préparer la reprise - laquelle doit intervenir au mieux fin 2009 -, qui se traduira obligatoirement par une recrudescence des missions.
Au-delà du métier de base de l'intérim, qui génère encore 80 à 90 % des revenus, l'accent est mis sur des activités plus rémunératrices comme le recrutement, l'outplacement ou le management de transition.
Le recrutement de personnel permanent, par exemple, ne représente que 2 à 3 % du chiffre d'affaires des groupes comme Adecco ou Randstad, mais dégage une marge brute confortable de 10 à 12 % (contre autour de 6 % pour le coeur du métier).
Cette offre de services élargie constitue une réponse à une tendance de fond : l'externalisation d'une partie des ressources humaines, sur laquelle tous les groupes d'intérim cherchent à se positionner.
Vers une nouvelle phase de concentration
Dans cette course, mieux vaut disposer de la taille critique, d'autant que la crise pourrait entraîner une nouvelle phase de consolidation dans le secteur et creuser de fait l'écart entre gros et petits acteurs. Si se lancer dans une opération de croissance externe s'avère risqué dans le contexte actuel, les spéculations n'ont pas complètement disparu.
En effet, la reprise de Vediorbis par le néerlandais Randstad, fin 2007, puis la tentative avortée en août 2008 du suisse Adecco sur le britannique Michael Page montrent que les géants de l'intérim veulent asseoir leur position.
PAR JÉRÔME MARMET
