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Des indices boursiers en hausse depuis plusieurs semaines, un marché immobilier américain qui semble toucher le fond, la consommation des ménages qui se stabilise outre-Atlantique : il est vrai que certains indicateurs peuvent alimenter les espoirs de reprise. La dernière étude de Merrill Lynch auprès des gérants de portefeuille montre d'ailleurs une réelle amélioration de leur état d'esprit.
« Les gérants n'ont pas été aussi optimistes depuis 2004 [...],
pour preuve, le solde d'opinions défavorables sur le secteur bancaire régresse », indique l'étude. Dans son discours de New Foundation, Barack Obama s'est lui-même permis de se montrer un peu confiant. Toutes les mesures employées depuis trois mois par son administration
« commencent à susciter des signes de progrès économiques », a-t-il affirmé.
« Grâce à notre plan de relance, les écoles et la police ont pu éviter de nombreux licenciements, [...]
notre programme pour soutenir les prêts étudiant et automobile commence à dégeler ces segments du marché du crédit », explique le président américain. Dans la foulée, le président de la Réserve fédérale, Ben Bernanke, a abondé dans son sens.
« Récemment, nous avons vu des signes timides de ralentissement de la forte baisse de l'activité », a-t-il déclaré, tout en nuances. Barack Obama n'a lui même pas manqué de mettre des bémols à ses encouragements, indiquant que 2009 resterait une année très difficile.
« De fait, il faut au moins trois mois consécutifs de chiffres qui contredisent les précédents pour pouvoir réellement affirmer un changement de tendance », indique Benjamin Carton, au Cepii. Il faut donc s'armer de prudence face aux timides signaux de reprise. D'autant que certains indicateurs restent imperturbablement en territoire négatif. Par exemple, la production industrielle américaine, en recul de 1,5 % le mois dernier, tandis que le taux d'utilisation des capacités de production a atteint un plus bas historique. Autre mauvaise nouvelle, les prix à la consommation aux Etats-Unis sont passés dans le rouge pour la première fois depuis 1955. En recul de 0,1 %, les prix ont toutefois été tirés à la baisse par les produits énergétiques et alimentaires. De son côté, l'inflation sous-jacente, hors produits volatils, décélère de façon beaucoup moins prononcée. Et, de toute façon, il n'est possible de parler de réelle déflation que lorsque l'on constate une baisse générale des prix, et en particulier des salaires. Quoi qu'il en soit, il faudra encore du temps avant de pouvoir être enfin rassurés.