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Inutile de rebâtir le pays sur du sable. En utilisant la parabole du sermon sur la montagne, le président américain a exprimé toute la philosophie de son programme de long terme, destiné à ne pas reproduire les dysfonctionnements qui ont conduit à la crise actuelle.
« Il n'est pas admissible d'être dans une économie où 40 % des profits sont issus du secteur financier, [...]
nourris par des actifs surévalués, une économie où les 1 % les plus aisés voient leurs revenus s'envoler tandis que le revenu familial moyen s'effondre de près de 2.000 dollars », a déclaré Barack Obama. La nouvelle ère économique repose sur cinq piliers fondateurs. Le premier s'inscrit dans la lignée des principes édictés par le G20, à savoir la refonte de la réglementation des marchés financiers. Une réforme qui passe aussi bien par la rémunération des banquiers au mérite que par la protection des emprunteurs. Domaine où les Etats-Unis ont pris un « énorme retard », l'éducation constitue le deuxième pilier de la « New foundation », comme se plaît à l'appeler Obama. Pour que les Etats-Unis aient de nouveau, d'ici 2020, la plus grande proportion de diplômés d'université du monde, il faudra, entre autres, rendre le coût des études plus abordable. L'énergie propre est bien entendu également au programme de Barack Obama, d'autant que son développement permettra des
« millions de nouveaux emplois ».« C'est la confirmation d'un changement majeur par rapport à la précédente administration, et Obama a raison de se projeter sur le XXIe siècle pour ce chantier, qui nécessite de bouleverser le mode de vie américain », indique Benjamin Carton, au Cepii.
Le déficit se creuse Autre promesse de campagne, la réforme du système de santé est cruciale, même si ce chantier
« exigera des ressources ». Enfin, le retour à une discipline budgétaire est la cinquième des priorités du gouvernement. Ce sont 10 % de dépenses inutiles qui doivent être supprimées afin de permettre des chantiers plus importants. En attendant, le déficit ne cesse de se creuser, alimentant les critiques du front républicain. Les mesures d'urgence, comme le plan de relance et le sauvetage des banques et du secteur automobile, grèvent les comptes de façon spectaculaire. Proche de 1.000 milliards de dollars pour le premier semestre de l'exercice budgétaire 2009, le déficit public pourrait être cette année quatre fois supérieur à celui de l'an dernier. Mais
« les économistes de droite comme de gauche s'accordent à dire que la dernière chose à faire en période de récession économique est de réduire les dépenses », se justifie le président américain. Ce qu'il évite néanmoins soigneusement de rappeler dans son discours, par ailleurs admirable de clarté et de pédagogie, c'est que, pour ce retour à une discipline budgétaire, des hausses d'impôts seront inévitables d'ici la fin de son mandat.