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La sortie de crise serait-elle en train de se profiler ?

10/04/2009 00:00 - JDF

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L'économie a-t-elle atteint un point bas ? C'est en tout cas ce que laissent espérer plusieurs indicateurs. Mais ces quelques hirondelles feront-elles le printemps ? S'agit-il des prémices d'une reprise, de la sortie de la récession, ou d'un rebond technique ? Les premiers signes positifs proviennent de Chine. Un rapport de la Banque mondiale, publié le 7 avril, prévoit que le produit intérieur brut du pays ne dépassera pas une croissance de 6,5 % cette année, contre 13 % en 2007, et 9 % l'an dernier. Une prévision en ligne avec celle de l'OCDE, qui table sur une croissance du PIB chinois de 6,3 % en 2009. Les deux institutions soulignent néanmoins que de récentes statistiques de l'économie chinoise laissent penser que le pire a été atteint et que la reprise est amorcée. Les banques chinoises ont ainsi prêté 296 milliards d'euros au cours des deux premiers mois de l'année pour financer les grandes dépenses d'infrastructures engagées dans le cadre du plan de relance national. Par ailleurs, on assiste à un redémarrage de la production industrielle sur le mois de mars. L'indice des achats manufacturiers est repassé au-dessus de la barre de 50 points, marquant le passage entre une contraction de l'activité (moins de 50) et sa progression (supérieur à 50). Il s'est établi à 52,4, en hausse de 3,4 points par rapport à février. Le plan de relance chinois de 4.000 milliards de yuans (440 milliards d'euros), soit 12 % du PIB du pays, semble donc commencer à porter ses fruits. Le mois de mars a également été marqué par un rebond de 28 % du transport maritime en Chine, signe d'une légère reprise du commerce mondial. Vers une stabilisation de l'économie américaine Pour autant, le poids de la Chine dans le commerce mondial est trop faible pour être un catalyseur de la reprise. Comme l'a souligné Dominique Strauss-Kahn, directeur général du FMI, « le redémarrage se constatera d'abord aux Etats-Unis. Il faut donc surveiller les prix de l'immobilier américain. La fin de la baisse constituera un signe important ». Un redressement qui semble être amorcé, au vu des derniers indicateurs du secteur. « Pour la première fois depuis huit mois, l'immobilier redémarre, ainsi que le crédit hypothécaire. Pour autant, il est difficile de savoir si les banques prêtent véritablement davantage », souligne Christian Parisot, économiste chez Aurel BGC. Autre bonne nouvelle : la production industrielle aux Etats-Unis et les commandes aux entreprises ont atteint leur plus haut niveau depuis août 2008, le mois qui a précédé la chute de Lehman Brothers et la panique financière. Pour Nicolas Bouzou, économiste chez Asterès, il faut y voir les signes « d'un mouvement de stabilisation, voire de reprise lente de l'activité aux Etats-Unis. Mais il faudra tout de même attendre 2010 avant une véritable reprise ». Mais, si des premiers signes permettent d'espérer une sortie de récession aux Etats-Unis, l'Europe reste en décalage. La contraction de l'activité pourrait toutefois se ralentir dans les quatre principales économies de la zone euro (France, Allemagne, Espagne, Italie), selon l'indice PMI des directeurs d'achats. « Une amélioration qui reste encore ténue », estime Christian Parisot. Une embellie qui pourrait être de courte durée Pour autant, de très mauvais chiffres du chômage en Europe et aux Etats-Unis sont venus rappeler dernièrement que la stabilisation de l'économie est encore loin d'annoncer la croissance. La prudence reste donc de mise, une nouvelle dégradation de l'économie n'étant pas exclue. « Avant de pouvoir réellement parler de stabilisation, il faut attendre les prochaines statistiques pour juger des effets du plan de relance américain et de l'état des stocks dans les entreprises », préconise Christian Parisot. Le redémarrage des marchés de crédit, qui restent encore gelés, est également essentiel, ainsi que la reprise du commerce international.
CLÉMENCE FUGAIN