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Les fonds d'obligations émergentes enregistrent une très forte hausse sur le premier trimestre 2009, les produits les plus réactifs s'adjugeant des gains supérieurs à 10 %. Pénalisés par le reflux vers les actifs jugés plus sûrs au cours du second semestre 2008, les FCP d'emprunts émergents commencent à retrouver la faveur des investisseurs. Le retour en grâce de cette catégorie n'est pas dénué de fondement. Tout d'abord, les gouvernements locaux ont mené des politiques d'assainissement de leurs économies ces dernières années et sont devenus adeptes d'une plus grande orthodoxie dans la gestion des budgets nationaux.
« Les principaux marchés d'Amérique latine sur lesquels nous investissons (Brésil, Chili, Mexique, Panama et Pérou) font preuve d'une discipline budgétaire responsable et s'engagent à maintenir un taux de change flottant et des politiques favorables aux marchés pour combattre le ralentissement. Ils possèdent des économies intérieures solides », estime Mark Mobius, président de Templeton Asset Management. Le gérant du Templeton Emerging Markets Bond Fund privilégie ainsi le Brésil, l'Indonésie et l'Argentine (43,08 % de l'encours), ce qui semble assez consensuel, mais il investit aussi 6,94 % de son portefeuille en Irak. Quant au risque sur les devises, il se partage pour près de la moitié entre le dollar américain (42,66 %) et les devises locales, dont principalement le real brésilien (17,84 %) et la roupie indonésienne (8,90 %). Des raisons techniques expliquent aussi la résistance et la capacité de rebond des obligations de pays émergents.
« Des spreads
élevés, des émissions inférieures au montant des remboursements prévus et le fait que 30 % des émissions attendues pour 2009 ont été effectuées » confortent la confiance des acheteurs, précise La Française des Placements. En revanche, le gestionnaire se montre prudent sur les devises émergentes, principalement en raison de leur volatilité. Ce sont celles d'Europe de l'Est qui suscitent le plus d'inquiétude. A cause de la crise économique, la Hongrie et la Pologne ne pourront probablement pas atteindre les critères de convergence et accéder à l'euro. Loin des aléas et de la volatilité des taux de change, les gérants tablent davantage sur une rémunération du risque de crédit beaucoup plus hiérarchisée.
« Nous préférons la signature des Etats, mais nous investissons aussi dans les entreprises car nous sommes très bien payés », déclare Pierre-Yves Bareau, directeur des investissements marchés émergents chez Fortis Investments. Parmi les pays qui constituent le coeur du portefeuille du Fortis L Fund Bond Best Selection World Emerging, il y a le Chili, la Chine et le Brésil. Ils offrent des rendements de 6 à 9 %. Et, pour 20 à 25 % de l'actif, le gérant saisit des opportunités sur les pays plus fragiles, comme l'Argentine, dont les emprunts sont assortis de rendements de 25 à 30 %, ce qui traduit l'anticipation d'un taux de défaut irrationnel.
NOTRE CONSEILCette catégorie offre un rapport rendement/risque alléchant pour un placement sur les deux à trois ans à venir. Les investisseurs qui souhaitent un produit relativement peu volatil préféreront le Templeton Emerging Markets Bond et le Fidelity Emerging Market Debt. Les plus audacieux se tourneront vers le Caam Oblig Emergents et le Fortis L Fund Bond Best Selection World Emerging (LU0377066807).