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La tension remonte sur les valeurs bancaires

04/04/2009 00:00 - JDF

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« Cela devient compliqué, comme toujours. » Cette phrase prononcée mardi 31 mars par Karel de Boeck, directeur général de Fortis Holding, aurait tout aussi bien pu sortir de la bouche de Baudouin Prot, directeur général de BNP Paribas. Elle illustre le nouveau coup de théâtre dans ce dossier de fusion au long cours, marqué par différents retournements de situation. En cause cette fois-ci, un arrêt de la cour d'appel de Bruxelles qui stipule que seuls les actionnaires détenant des actions au 14 octobre - le moment où la banque belge a été démantelée - pourront se prononcer sur le rachat. Ce qui exclut notamment certains hedge funds, a priori favorables au projet. Fortis a décidé de reporter les assemblées générales extraordinaires, prévues les 8 et 9 avril prochains, et inclura le vote dans les assemblées générales ordinaires des 28 et 29 avril. Alors que BNP Paribas se disait, au mois de mars, extrêmement confiant quant à ce nouveau vote, après un premier rejet en février, cette décision renforce le camp des opposants à la reprise de 75 % de Fortis Bank, ainsi que de 25 % de Fortis Assurance en Belgique. De plus, Fortis Holding a annoncé cette semaine une perte annuelle supérieure à ses prévisions, déjà revues à la hausse à la mi-mars : elle s'élève à 28 milliards d'euros, contre 22,5 milliards d'euros prévu. BNP Paribas, qui a émis cette semaine 5,1 milliards d'euros d'actions de préférence souscrites par l'Etat français, s'est toutefois protégé contre de nouvelles pertes sur le portefeuille de Fortis, afin de ne pas mettre en danger sa propre stabilité financière. La phrase du directeur général de Fortis Holding peut aussi s'appliquer à d'autres banques. Plusieurs annonces négatives se sont suivies, à commencer par celle de la Société Générale. La banque a avoué devoir passer des dépréciations d'actifs supplémentaires au premier trimestre. Elle augmentera aussi ses provisions pour risque de crédit, qui seront d'une « amplitude » similaire à celle du dernier trimestre 2008 (près de 1 milliard d'euros). En revanche, le début d'année a été « excellent » dans la banque de financement et d'investissement. Dans la banque de détail en France, les revenus seraient restés « stables ». En Europe, l'Espagne a dû procéder au premier sauvetage d'une caisse d'épargne, alors que le gouvernement allemand s'est finalement décidé à entrer au capital (8,7 %) de la grande banque immobilière Hypo Real Estate pour éviter un « Lehman Brothers à l'allemande ». L'Etat prévoit d'évincer les autres actionnaires en échange d'une indemnisation à hauteur de la valeur boursière du titre. Selon une étude de JPMorgan, les banques à travers le monde (à l'exception de Natixis et de Royal Bank of Scotland) devraient encore passer 17 milliards de dollars de dépréciations d'actifs cette année. Deutsche Bank et Barclays enregistreraient respectivement 4,9 milliards et 3 milliards de dollars de dépréciations dans leurs comptes, alors que Credit Suisse et BNP Paribas passeraient chacun encore un peu plus de 1 milliard de dollars. Au seul quatrième trimestre, les banques avaient passé pour 20 milliards de dollars de dépréciations au total.
NOTRE CONSEILNous préférons prendre quelques bénéfices sur BNP Paribas (code : BNP, Comp. A, SRD) et la Société Générale (code : GLE, Comp. A, SRD), dont les cours dépassent de nouveau les 30 euros. Les valeurs ont bien progressé depuis que nous sommes passés à l'achat, après la publication de leurs résultats annuels. On peut cependant s'attendre à une nouvelle baisse à l'approche des résultats trimestriels, début mai, les investisseurs craignant de nouvelles dépréciations d'actifs et un ralentissement des activités dû à la crise économique. Nous restons positifs sur le Crédit Agricole SA (code : ACA, Comp. A, SRD). Les caisses régionales souffriront de la crise économique, mais nous prévoyons moins de dépréciations.
ANNELOT HUIJGEN