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A400M : le projet de l'avion militaire européen bat de l'aile et pénalise EADS

04/04/2009 00:00 - JDF

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L'A400M décollera-t-il un jour ? Embourbé dans d'importants problèmes technico-industriels, concernant notamment la conception des moteurs, le programme du futur avion de transport militaire européen est devenu un véritable casse-tête pour son constructeur, Airbus. Jusqu'à conduire l'avionneur à envisager cette semaine un éventuel arrêt de son développement. La tension est montée d'un cran, le week-end dernier, avec les propos alarmants du président d'Airbus, Thomas Enders, parus dans la presse allemande : « Dans les conditions actuelles, nous ne pouvons pas construire l'avion », a déclaré sans équivoque le patron de l'avionneur, en ajoutant qu'il était prêt à mettre un terme au programme, préférant « une fin qui provoque des cris d'orfraie plus que des cris d'orfraie sans fin ». Comme par hasard, dès le début de la semaine, la société s'empressait de rappeler son attachement et ses engagements concernant le programme A400M. En réalité, toutes ces gesticulations n'ont qu'un objectif : faire monter la pression sur les gouvernements partenaires du programme pour obtenir un nouveau délai de mise au point du futur appareil. Le moratoire de trois mois que le groupe a obtenu pour repousser au 31 juillet la possibilité dont disposent les clients de dénoncer le contrat ne change rien au problème. Il est aujourd'hui à peu près sûr que l'A400M ne décollera pas avant 2012, ce qui signifie que les sept clients de l'A400M peuvent à tout moment demander le remboursement des avances, qui portent sur 5,7 milliards d'euros. Une telle issue aurait bien entendu des conséquences catastrophiques pour EADS. Sans en arriver là, ses dirigeants ont aussi tout intérêt à agiter le torchon rouge car il suffirait du désistement d'un ou deux clients pour compromettre la viabilité du projet. Il n'est par ailleurs pas exclu que les dirigeants d'EADS préparent le terrain pour obtenir une rallonge budgétaire par rapport à l'enveloppe de 20 milliards d'euros négociée en 2003, qui pourrait se révéler insuffisante : les surcoûts au cours de l'exercice 2008 s'élevaient déjà à 700 millions d'euros et ils pourraient, selon certains analystes, atteindre 5 milliards sur l'ensemble du projet. Le jeu de cache-cache auquel se livrent les dirigeants d'EADS se révélera peut-être efficace sur le plan politique, mais il donne une impression de dégradation de la visibilité sur l'évolution des résultats du groupe qui pèse sur le cours de Bourse. Ces errements dans le secteur militaire compromettent aussi les chances de voir l'avionneur parvenir à équilibrer son activité à parité entre le secteur civil, qui reste très cyclique, et les commandes militaires, qui offrent une bien meilleure visibilité. Dès lors, nous attendons pour l'exercice 2009 un tassement du chiffre d'affaires ainsi qu'un recul plus prononcé du résultat net en raison des surcoûts liés à l'A400M, mais aussi d'un risque de dégradation des marges dans le secteur de l'aviation civile, confronté à un risque de repli sévère des commandes.
NOTRE CONSEILRester à l'écart. Les risques qui pèsent sur l'A400M rendent incertaines les perspectives de résultats pour 2009 (code : EAD, Comp. Zone euro, SRD).
C.D. ET R.L.