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Thomson devient la proie des spéculateurs

28/03/2009 00:00 - JDF

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Thomson apprend vite. Depuis le 16 février, l'action du groupe technologique cote moins de 1 euro en Bourse. En un peu plus d'un mois, la valeur a assimilé toutes les caractéristiques des penny stocks ; au point d'en être aujourd'hui un véritable modèle.
La volatilité du titre est extrême. Aux séances de forte baisse (- 7,3 % le 16 mars) succèdent celles où les cours flambent subitement (+ 42 % le 17 mars), dans des volumes d'échanges très importants. Dans la seule journée du 18 mars, plus de 100 millions de titres ont été échangés, soit plus d'un tiers du capital ; l'an dernier, en séance, moins de 5 millions de titres se négociaient en moyenne. Ces mouvements de grande ampleur s'effectuent sans raison apparente.
La spéculation fait rage sur le titre. Chaque rumeur est susceptible de faire évoluer le cours dans de très fortes proportions.
Des fonds propres négatifs
La Société Générale a indiqué la semaine dernière, dans un communiqué à l'AMF, qu'elle avait récemment augmenté sa participation dans Thomson, pour la porter à 9,1 % du capital. Cette acquisition de titres est effectuée « dans le cadre des activités de trading » de la banque. Aucun intérêt stratégique, donc, pour la Société Générale dans cet investissement. Chez Thomson, on ne s'en émeut guère, et on assume son statut : « Beaucoup de gens jouent les penny stocks en ce moment », confirme une porte- parole. « La Société Générale n'est sûrement pas la seule à jouer le titre, prévient toutefois Benoît Flamant, gérant chez IT Asset Management. D'autres fonds doivent être sur les rangs. »
Et la spéculation sur le titre ne risque pas de retomber de sitôt. La situation financière demeure extrêmement tendue. A la suite des lourdes pertes enregistrées en 2008, plombés par 1,3 milliard d'euros de dépréciations, les fonds propres sont devenus négatifs (- 134 millions).
L'endettement net du groupe a gonflé de 800 millions d'euros en un an. Il s'élève désormais à 2,1 milliards. Les covenants bancaires n'ont pas pu être respectés.
Thomson est actuellement engagé dans une course-poursuite avec ses créanciers pour renégocier sa dette. Dans cette optique, le groupe cherche toujours à céder une partie de ses actifs les moins stratégiques (Grass Valley, PRN, Screenvision, etc.), afin d'accroître sa lisibilité auprès des prêteurs actuels et d'investisseurs potentiels.
L'entrée du Fonds Stratégique d'Investissement dans le capital, un temps évoquée, ne semble plus vraiment d'actualité. Des rumeurs sur un éventuel intérêt de la part d'Orange pour certaines activités ont aussi circulé récemment. L'opérateur a démenti.