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Le statut de « penny stock » n'est plus l'apanage des petites capitalisations

28/03/2009 00:00 - JDF

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Les penny stocks, ces actions qui ne cotent que quelques dizaines de centimes d'euro (ou de dollar aux Etats-Unis), pullulent depuis l'éclatement de la crise. Au 1er janvier 2008, à la Bourse de Paris (hors Alternext et Marché Libre), on dénombrait 16 sociétés dont la valeur de l'action était inférieure à 1 euro. Cette semaine, elles étaient plus de 40 ! L'effondrement des marchés au cours des dix-huit derniers mois a précipité nombre de titres dans cette catégorie peu enviée de valeurs où l'on retrouve beaucoup de petites sociétés en proie à des difficultés financières. Rien d'étonnant à cela.
Plus surprenant, en revanche, c'est l'apparition de sociétés dont la capitalisation boursière reste importante dans cette catégorie. C'est le cas de Thomson, par exemple. L'ancien fleuron de l'industrie française cote moins de 1 euro depuis la mi-février. Et il pourrait bientôt ne plus être seul.
D'autres groupes à l'envergure mondiale, dont la capitalisation a dégringolé de manière vertigineuse, approchent aujourd'hui ce niveau de prix. Alcatel-Lucent en fait partie. Tout comme Natixis. Les actions des deux sociétés s'échangent à moins de 1,50 euro aujourd'hui. Début mars, elles valaient même moins de 1 euro.
Des volatilités extrêmes
Même constat outre-Atlantique, où des géants comme General Motors, Ford ou encore Citigroup et AIG ont vu la valeur de leur titre tomber à moins de 3 dollars. « A ce niveaude prix, les actions sont effectivement assimilées à des penny stocks, confirme Benoit de Broissia, analyste chez KBL Richelieu Finance. La taille et la renommée des groupes en question n'entrent pas en ligne de compte dans cette définition. Â»
Les entreprises concernées ont en effet toutes les caractéristiques propres aux penny stocks : des performances opérationnelles décevantes et un bilan financier tendu. « Le marché sanctionne le transfert de la valeur des actifs des actionnaires vers les créanciers Â», précise Benoit de Broissia. D'où une valorisation à la casse et une extrême sensibilité aux flux d'informations économiques.
Ce type de valeur est généralement sujet à des variations de cours extrêmes, à la hausse comme à la baisse. Et les volumes d'échanges deviennent très importants. Les penny stocks sont en effet la proie des spéculateurs. Les investisseurs classiques, dont l'aversion au risque est de plus en plus forte, se désintéressent de ces valeurs, fussent-elles « grandes Â» en termes de capitalisation. D'autant plus qu'elles ont une chance d'être retirées des indices boursiers majeurs auxquels elles appartiennent encore. Aux Etats-Unis, par exemple, si une action cote moins de 1 dollar pendant 30 séances consécutives, elle est automatiquement délistée.
« Le statut de penny stock ne doit pas empêcher de regarder ces valeurs et d'acheter, si l'on estime que les fondamentaux sont bons et que le potentiel de hausse du titre est justifié, juge toutefois Mirela Agache, responsable multigestion chez Oddo AM. Mais cela requiert davantage de vigilance. Â» L'exercice demeure toutefois risqué. Dans le contexte actuel des marchés, mieux vaut ne pas en rajouter.
PAR ROMAIN GUEUGNEAU