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Le marché des fusions-acquisitions reste en berne

28/03/2009 00:00 - JDF

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Priorité à la gestion de la crise. Voilà ce qui sera encore le leitmotiv des entreprises en 2009 après un second semestre 2008 marqué par la dégringolade de l'activité des fusions (- 29% en valeur par rapport à 2007, selon l'étude de référence du cabinet Dealogic).
Alors que les multiples de valorisation ont atteint des niveaux rarement constatés, le moment semble pourtant propice pour se pencher sur des cibles très affaiblies par la tempête boursière et économique. « L'activité des petits et moyens deals va reprendre, confirme Marina Guérissimova, rédactrice en chef de Fusions et acquisitions Magazine. Il y a des choses intéressantes pour les groupes ayant une bonne situation financière, mais le coup de frein constaté dans les fusions-acquisitions au second semestre 2008 ne laisse pas présager un rapide retour à la normale. »
D'autant que si les cours actuels semblent favorables les freins à la finalisation des rachats sont nombreux. « Les vendeurs ont du mal à se décider à vendre, compte tenu des valorisations actuelles, explique Mark Wyatt, associé chez KPMG Corporate Finance. Il faut vraiment une obligation ardente de liquidités pour qu'ils acceptent de céder leurs activités non stratégiques aux prix actuels. »
Même blocage du côté des financements, rendus difficiles par des banques encore prudentes et par des entreprises cherchant à préserver leur niveau de trésorerie. « La plupart des acteurs sont moins que jamais en position de réaliser des acquisitions non sollicitées, confirme Mark Wyatt. Dans un même secteur, ils cherchent surtout des solutions pour traverser ensemble la tempête. La plupart n'ont pas retrouvé un niveau de confiance suffisant pour se lancer dans des opérations hostiles. »
Probable reprise fin 2009
Reste qu'avec une baisse globale de 22 % constatée sur les PER des 1.000 plus grandes entreprises mondiales, l'appétit des grands groupes ne devrait pas tarder à se manifester. « Il faut faire la distinction entre un retour à la normale de la situation économique qui n'interviendra probablement pas avant deux ans et la reprise des activités de fusion-acquisition, insiste Mark Wyatt. Nous sommes encore dans une phase d'attente de la part des industriels, mais, dès qu'ils auront un peu plus de visibilité sur le moment où sera atteint le creux de la vague, certains acteurs reprendront leurs opérations. »
Alors que des secteurs acycliques n'ont pas vraiment ralenti leurs opérations, d'autres, plus touchés par la crise de confiance, pourraient aussi profiter de la situation pour se restructurer. C'est le cas de la sous-traitance automobile, très atomisée, qui devra se réorganiser afin d'augmenter son pouvoir de négociation face à des constructeurs eux-mêmes en situation difficile. « Le retour des transactions dans les secteurs plus touchés interviendra à plus long terme, conclut Mark Wyatt. Mais, globalement, il est encore trop tôt. Les volumes ne devraient vraiment repartir qu'en fin d'année. »
OLIVIA DERREUMAUX