
P40-Indices.gif -
La Chine sera-t-elle la première économie à sortir de la crise ? Quelques indicateurs ne trompent pas sur l'efficacité des mesures de soutien à l'économie engagées par le gouvernement de Wen Jiabao. Selon le Bureau national des statistiques chinois, le nombre de véhicules vendus est en hausse de 25 % sur le seul mois de février. Le gouvernement a en effet alloué 732 millions de dollars de subventions pour encourager les ruraux à se motoriser. Autre signal encourageant : la production industrielle, en hausse de 6,8 % depuis le 1er janvier, résiste. Il serait toutefois prématuré de parler de reprise. D'abord, la consommation locale peine à compenser la chute drastique des exportations, en baisse de 25,7 % en février. Les ventes au détail progressent moins rapidement que par le passé. Elles ont augmenté de « seulement » 15,2 % sur les deux premiers mois de l'année, contre un bond de 17 % en décembre. Autre facteur de risque : les banques locales.
« On peut s'attendre à une hausse des créances douteuses à un horizon de dix-huit mois, mais ce niveau restera plus bas que la moyenne historique », tempère Gigi Chan, gérante du fonds Threadneedle China Opportunities. Enfin, dans son dernier rapport trimestriel, la Banque mondiale a abaissé la prévision de croissance économique pour la Chine en 2009 à 6,5%, contre 7,5 % projeté en novembre 2008. En dépit de ces fragilités, les opérateurs sont confiants. Le volontarisme politique est l'un des principaux facteurs d'optimisme.
« Si le plan de relance de 585 milliards de dollars n'est pas efficace, il ne serait pas surprenant que le gouvernement annonce un second plan au courant de l'été », rapporte Claude Tiramani, gérant du fonds Parvest China de BNP Paribas. D'ailleurs, la place financière de Shanghai a enregistré une performance enviable de plus de 23 % depuis le 1er janvier (au 18 mars). A l'inverse, le Hang Seng, indice phare de la place de Hongkong, accuse une chute de plus de 10 % depuis le 1er janvier (au 18 mars 2009).
« Ce sont, en majorité, les mêmes actions qui cotent à Honkong et à Shanghai. La différence de performance tient à la nature des opérateurs du marché : à Shanghai, les investisseurs sont des particuliers locaux dont les possibilités d'arbitrage avec d'autres places sont très réduites, à cause du contrôle des capitaux. Tandis qu'à Hongkong, où les acheteurs sont des institutionnels internationaux, le marché est plus sensible aux mauvaises nouvelles en provenance de Wall Street », explique Gigi Chan. Les gérants parient donc, sur le long terme, sur un rattrapage de la place hongkongaise.