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Editeurs de logiciels

28/02/2009 00:00 - JDF

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La crise financière qui s'aggrave laisse présager un net ralentissement du marché de l'édition de logiciels en 2009. Le Syntec Informatique, syndicat patronal du secteur, prévoit de 2 à 4 % de croissance au premier semestre 2009, contre 5 à 7 % en 2008. D'autres se veulent plus pessimistes, comme Brice Thébaud, analyste financier chez Aurel BGC, qui table sur une décroissance de 5,9 % du secteur cette année. Ces estimations assez sombres sont la conséquence de la corrélation du secteur technologique avec l'évolution du produit intérieur brut (PIB), avec un trimestre de décalage. Ainsi, si l'économie redémarre fin 2009, comme le prédit le consensus des économistes, la reprise des ventes tant attendue n'aura lieu qu'au premier trimestre 2010. Les éditeurs de logiciels présents dans les domaines du transport, de l'automobile, de la distribution et de la finance (25 % des dépenses technologiques mondiales proviennent des banques) seront particulièrement touchés. Avec la multiplication des pertes dans ces secteurs, des reports de commandes sont attendus tout au long de l'année Parmi les sociétés fragilisées, Linedata Services, spécialiste des logiciels dédiés à la finance, a déjà annoncé qu'il n'atteindrait pas ses objectifs de rentabilité en 2008. De surcroît, l'avènement du modèle de logiciel locatif (SaaS) pourrait aggraver la situation. Face à la crise, les entreprises vont préférer les logiciels à la demande, moins coûteux que l'achat de licences, mais moins rentables pour les éditeurs. Microsoft, leader mondial, s'est d'ailleurs résigné à se développer sur cette activité, dans laquelle il dégage des pertes pour la deuxième année consécutive. Toutefois, des facteurs de résistance devraient servir d'amortisseurs à la crise. Le Syntec Informatique souligne ainsi les atouts principaux du secteur : la progression de l'investissement public dans le matériel informatique, et la part des revenus récurrents dans l'activité (de 35 à 40 % chez les éditeurs de logiciels matures). Des groupes comme Esker et Cegid, qui présentent parmi les plus grosses bases de clients installés (respectivement 60 % et 45 %), devraient être parés contre une décroissance de leur chiffre d'affaires en 2009. En Bourse, il faut donc être très sélectif et privilégier les profils les plus défensifs, comme IGE + XAO, ou les plus rentables, tels Dassault Systèmes, Metrologic Group... Ces sociétés allient à la fois performance, récurrence des revenus et valorisations faibles. Dans une optique de plus long terme, nombre de dossiers méritent d'être étudiés. Selon le Crédit Suisse, les éditeurs de logiciels ont en effet atteint un point bas en termes de valorisation. Ils pourraient de plus bénéficier d'un arbitrage en défaveur des SSII, qui seront plus lentes à réagir aux évolutions de l'économie, et qui affichent des marges moins élevées.
PAR ANNE-LAURE REBOUL