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Les actions américaines encore trop chères ?

26/02/2009 16:02 - JDF

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A l'heure où se pose, partout dans le monde, la question de la répartition des profits de l'entreprise, et que Nicolas Sarkozy a appelé de ses vœux une répartition à tiers égales entre l'investissement, les actionnaires, et les salariés, une étude réalisée conjointement par la London Business School et le Credit Suisse, fait grand bruit.


Selon cette étude, décryptée par Michael Tsang de Bloomberg, les actions américaines rapportent 6% par an en moyenne depuis 1900, en données ajustées de l'inflation. Mais si on enlève les dividendes, le gain annuel tombe à 1,7%, soit un rendement inférieur aux 2,1% que rapportent les bons du Trésor.


Avec la crise, de nombreuses sociétés américaines ont dû réduire, voir renoncer au versement du dividende. Vingt six sociétés du S&P 500 ont économisé plus de 21 milliards de dollars en réduisant ou en suspendant les dividendes au titre de l'exercice 2008. C'est plus que lors de toutes les réductions cumulées entre 2003 et 2007, alors que l'indice progressait de 83%. Au total, 288 sociétés ont suspendu ou réduit leur dividende au dernier trimestre. C'est la première fois qu'autant de sociétés baissent leur dividende depuis la création de l'indice S&P 500 il ya 54 ans.


La conséquence directe de cette baisse des dividendes est que même si l'indice S&P 500 a fondu de moitié depuis ses plus hauts, il se pourrait que les actions soient encore trop chères. Si on évalue une action en fonction des dividendes futurs, les actions seraient même surévaluées de 46% selon l'étude.


Avec la baisse des dividendes, on peut se demander si cela vaut encore la peine de s'aventurer sur les marchés actions, par nature beaucoup plus risqués, et encore plus depuis l'automne, compte tenu du surcroît de volatilité. L'étude montre que depuis 1900, les revenus des dividendes ont représenté environ 70% en moyenne des rendements des actions des États-Unis ajusté de l'inflation. Un investisseur qui aurait misé un dollar en actions américaines au début du siècle aurait reçu en retour 582 $ en réinvestissant les dividendes, et en tenant compte de l'inflation. Sans les dividendes, le placement d'un dollar en actions, aurait rapporté seulement 6 dollars, soit bien moins que les 9,90 dollars qu'auraient rapporté un placement identique sur la dette long terme du Trésor.


Le S & P 500 a reculé de 18% depuis le début de l'année 2009, après une chute de 38% en 2008. Les bons du Trésor eux, ont rapporté 14% l'an dernier. Or, si l'on appréhende la valeur d'une action comme étant la somme des dividendes futurs, on s'aperçoit que les actions sont encore trop chères. Avec 25,3 dollars de dividendes qui seront détachés sur le S&P 500, il faudrait que l'indice tombe à 526 points pour que le S&P atteigne son cours d'équilibre.


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D Pellecuer avec Bloomberg