Semaine noire pour le marché parisien
La pression a été sans relâche sur les valeurs du marché parisien cette semaine qui revenait sur ses plus bas annuels au terme de cinq séances consécutives de baisse. D'un jeudi sur l'autre, l'indice CAC 40 a perdu 3%. Les publications de résultats battaient leur plein, reléguant au second plan les statistiques macro-économiques. Air Liquide, Pernod Ricard et Schneider Electric se retrouvent logiquement dans le trio de tête après des bons chiffres.
Mardi, l'annonce d'une forte baisse de l'activité industrielle dans la région de New York, en février, a provoqué une levée de bouclier des opérateurs. Le Cac 40 clôturait en baisse de 2,9%.
En fin de semaine, les marchés ont de nouveau plongé (-4,3%) sous le poids des valeurs bancaires, les opérateurs se montrant inquiets de la situation dans les pays de l'Est, dans lesquels les banques françaises sont fortement implantées. L'annonce la veille d'un chiffre de demandeurs d'emploi supérieur aux attentes aux Etats-Unis a également pesé. En outre, l'indice d'activité industrielle dans la région de Philadelphie en février a atteint son plus bas niveau depuis 1990, à -41,3.
Air Liquide (+8,3%)
Le marché a accueilli avec enthousiasme la publication des résultats annuels du groupe lundi. Sur cette seule journée, le titre a bondi de 7,2%. Le groupe a livré des résultats conformes à ses objectifs. Le bénéfice net du groupe a grimpé de 8,6% en 2008 à 1,22 milliard d'euros, soit une hausse de 10,8% à taux de change constant. En 2009, il vise plus de 250 millions d'euros d'économies en 2009. Un dividende de 2,25 euros par action sera proposé aux actionnaires, un montant identique au précédent exercice.
Pernod Ricard (+5,9%)
Le «13» a été un chiffre porte bonheur pour le groupe de vins et spiritueux. C'est en effet ce jour de février qu'il a choisi de publier ces annuels. Le résultat opérationnel courant a enregistré une croissance de 24%, à 1,196 millions d'euros, un chiffre supérieur aux attentes que les opérateurs n'ont pas manqué de saluer. Le titre bondissait de 6% ce jour là à la clôture. Le groupe anticipe «une croissance à deux chiffres» du résultat net courant part du groupe, à plus d'un milliard d'euros
Schneider Electric (+3,7%)
Le fabricant d'équipements de distribution électrique a dévoilé jeudi un chiffre d'affaires annuel de 18,31 milliards d'euros, en progression de 5,8% et de 6,6% en croissance organique. La marge d'exploitation avant amortissement (EBITA) de 15% en 2008, progresse de 0,2 point. Le résultat ressort à 2,75 milliards d'euros, en hausse de 7,5%. Le bénéfice net part du groupe s'établit pour sa part à 1,68 milliard, en progression de 6,3%. Le groupe proposera un dividende en hausse de 5% à 3,45 euros. Pour 2009, il confirme les objectifs du plan One. Le marché appréciait ses nouvelles, avec un bond du titre de 4,6% jeudi à la clôture.
Renault (-16,4%)
Le 2e constructeur automobile français titre ne se remet pas de l'annonce le 13 février dernier, d'une chute de 33,9% des ventes en janvier, dans un marché européen en recul de 27%. Le titre alignait sept séances consécutives de baisses. Sa filiale roumaine Dacia, qui commercialise le modèle à bas prix la Logan, va augmenter sa production de 1085 à 1200 voitures par jour à partir du 9 mars, pour répondre au regain espéré des ventes notamment à travers les primes à la casse.
Axa (-13,6%)
Massacrée depuis le 11 février, l'action a perdu 40% de sa valeur en comptant la chute de plus de 18% de vendredi. Elle faisait les frais de rumeurs autour d'une possible augmentation de capital. Le groupe a pourtant démenti ces rumeurs dans la journée. En outre, l'agence de notation financière Standard & Poor's a annoncé jeudi avoir révisé de «stable» à «négative» la perspective de l'assureur, après l'annonce de résultats décevants sur son exercice 2008.
Société générale (-12,6%)
La publication des résultats annuels du groupe, pourtant solides relativement au secteur, n'a pas permis au titre d'échapper à la morosité ambiante. Il faut dire qu'en grande partie, les chiffres étaient intégrés dans les cours. En effet, dès le mois de janvier, le groupe avait publié, à titre préliminaire, son bénéfice net pour l'année 2008. La banque n'a donc fait que confirmer cette semaine un bénéfice de 2 milliards d'euros pour 2008. Elle prévoit d'être profitable en 2009.
