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L'intérêt exclusif des investisseurs : un mot d'ordre parfois malmené

07/02/2009 00:00 - JDF

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A priori, toutes les sociétés de gestion et les intermédiaires chargés de commercialiser les fonds agissent dans le seul intérêt de l'épargnant. Tel est le dogme affiché par l'Autorité des marchés financiers et par l'Association française de la gestion financière. « L'effort de transparence en matière de frais, loin de porter atteinte aux intérêts des professionnels de la gestion, est une condition essentielle du succès de leur activité », précise dès 2002 Philippe Adhémar, membre du collège de la COB (ancienne AMF), dans l'introduction de son rapport sur les frais et commissions à la charge de l'investisseur dans la gestion collective . Les dispositions prises à la suite de ce rapport et des négociations avec les professionnels ont permis de créer le prospectus. Ce document devrait être lu attentivement avant toute souscription car il contient de nombreuses informations importantes. Ainsi, les gérants ont parfois la possibilité de prêter les titres en portefeuille, ou plutôt de les céder temporairement contre rémunération. Or l'autorisation doit être précisée explicitement dans le prospectus, de même que la proportion du portefeuille pouvant faire l'objet d'une opération de prêt-emprunt. Peu de souscripteurs savent que le gestionnaire perçoit en général 40 % du revenu tiré du prêt-emprunt de titres, le fonds recevant le solde, soit 60 % seulement. Choquante a priori, cette répartition est justifiée par l'AMF car l'opération de prêt- emprunt nécessite l'intervention de courtiers et du dépositaire, donc le paiement de services additionnels. De même, peu d'investisseurs savent que les gestionnaires reversent une partie des frais de gestion à leur intermédiaire, qu'il soit chargé de clientèle, gérant de patrimoine ou courtier en ligne. Et pourtant, en 2007, ces rétrocessions ont représenté 46 % des charges d'exploitation des sociétés de gestion, soit 4,87 milliards d'euros. Dans ces conditions, l'intermédiaire se trouve en situation de conflit d'intérêts. D'autant que les épargnants répugnent à verser des honoraires de conseil à leur intermédiaire. Ce que les courtiers en ligne ont bien compris en communicant activement sur la gratuité des droits d'entrée et de garde. Les frais de change, pour les fonds qui interviennent en dehors de la zone euro, constituent une sorte de trou noir. Impossible en effet de vérifier si le cours appliqué est bien celui de la transaction. Les gérants ne réalisent pas eux-mêmes les opérations de change mais les confient soit à la salle de marché de leur groupe soit à une société externe. Or les fluctuations très importantes ne permettent pas de contrôler l'exactitude des opérations. Seuls les commissaires aux comptes peuvent se livrer à quelques contrôles et ne demandent un redressement que si le cours appliqué ne correspond pas à la fourchette de fluctuation du jour. Il s'agit plus d'une difficulté liée au respect des procédures que d'un détournement. Cependant, un auditeur spécialisé dans la gestion privée relève que de telles erreurs sont courantes et peuvent s'élever à près de 80.000 euros pour un portefeuille de 10 millions d'euros.