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Quand, en 1971, John Connely, alors secrétaire au Trésor américain, a déclaré
« le dollar est notre monnaie mais votre problème », la phrase a fait sourire. Près de quarante années plus tard, la parité euro/dollar est devenue un sujet de préoccupation quotidien des dirigeants d'entreprises exportatrices et des hommes politiques. La perspective d'un nouveau reflux du billet vert contre l'euro au cours des prochains mois est désormais prise très au sérieux. Notre problème pourrait rapidement devenir ingérable. Et personne ne pourra s'y opposer si le marché en a décidé ainsi. Car le dollar fluctue librement contre les autres devises. Son évolution contre l'euro ou le yen dépend de la loi de l'offre et de la demande. Si la demande en dollars est plus importante que l'offre, le billet vert s'apprécie contre les autres monnaies. A l'inverse, il reflue.
Les devises occidentales fluctuent librement Coté sur le Forex, le marché international des changes, le dollar fluctue donc contre un grand nombre de monnaies au gré de l'appétit des investisseurs. L'Etat américain n'a plus vraiment de prise sur sa monnaie. Comme en Europe, la Banque centrale peut influer sur le cours en usant de l'arme des taux d'intérêt à court terme. Plus les taux sont élevés, plus les dépôts libellés dans la devise sont rémunérés, et donc attrayants. A l'inverse, une politique de taux zéro se traduit en théorie par un affaiblissement de la monnaie. Surtout si le rendement proposé par d'autres pays est plus élevé. Cet écart entre deux taux de rémunération est appelé
spread. Les banques centrales tentent actuellement de réduire ce
spread pour éviter par exemple que la livre ne s'effondre contre l'euro ou le dollar. Après la Fed (Réserve fédérale américaine) et la BOE (Bank of England), la Banque centrale européenne est contrainte d'emboîter le pas à ses consoeurs si elle veut éviter une ruée sur l'euro. Un tel phénomène se traduirait par un handicap monétaire certain pour les exportateurs européens. C'est donc la loi du marché qui détermine les parités monétaires, en fonction des politiques monétaires des banques centrales et des anticipations économiques (croissance, inflation, déficits budgétaires...). Toutes les monnaies ne sont pas livrées à l'entière loi du marché. Le renminbi, ou yuan chinois, ne fluctue pas en totale liberté sur le Forex.
Des parités sous contrôle... Au grand dam des Américains, qui ne cessent de réclamer une ré-évaluation du yuan contre le dollar, la monnaie chinoise évolue dans un couloir déterminé par la Banque centrale de Chine. C'est une sorte de flottement contrôlé. Le pays du Milieu garde le contrôle de sa monnaie. Fort d'importantes réserves de change, la Banque de Chine peut, en outre, se permettre une politique d'ajustement en intervenant sur les marchés si la pression vendeuse ou acheteuse devient trop importante. Elle reste maître de sa devise et peut ainsi conjuguer politique de relance avec politique monétaire accommodante. Tous les pays ne sont donc pas logés à même enseigne.