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Des chiffres à donner le tournis. Après avoir enregistré un bénéfice en baisse fin 2008, Caterpillar, le premier fabricant mondial de matériaux de construction, vient d'annoncer la suppression de 20.000 emplois. Le même jour, le géant mondial de la pharmacie Pfizer déclarait qu'autant d'emplois étaient menacés par sa fusion avec Wyeth. Dans la foulée, l'opérateur de téléphonie mobile Spring Nextel, puis Home Depot, ING, Corus, Philips et General Motors annonçaient chacun plusieurs milliers de licenciements. Les grandes organisations internationales rendent plus alarmante encore la situation sur le marché de l'emploi. Le Bureau international du travail (BIT) a déclaré que la crise économique pourrait mettre au chômage jusqu'à 51 millions de personnes cette année. Ces dernières s'ajouteront aux 180 millions de chômeurs déjà existants. Pour Juan Somavia, le directeur du BIT, le marasme dans l'emploi préexistait à la crise financière, la part du travail dans le produit national baissant dans beaucoup pays, contraignant de nombreux salariés à s'endetter, en particulier pour se loger. Ces vagues de licenciements alimentent le cercle vicieux de la récession, dans lequel les pertes d'emplois pèsent sur la consommation, ce qui fait chuter le moral des industriels, qui limitent leurs investissements, et licencient... Malgré les aides gouvernementales qui se mettent en place partout dans le monde, l'heure n'est pas encore à l'optimisme. Le FMI a une fois de plus revu fortement à la baisse ses estimations de croissance pour cette année. Les pays développés devraient connaître une contraction de 2 % de leur PIB tandis que les pays en voie de développement enregistreront une croissance de 3,3 %. Globalement, la planète connaîtra une croissance de seulement 0,5 %, contre 3,4 % en 2008 et 5,2 % l'année précédente.
Le chômage crée un cercle vicieux Il faut dire que la crise du crédit à l'origine de la situation actuelle est loin d'être terminée. Tout en indiquant que le taux directeur resterait proche de 0 % pendant un moment lors de la dernière réunion du FOMC, la Réserve fédérale s'est montrée prête à racheter des emprunts d'Etat pour abaisser encore plus les taux d'intérêt à long terme. De ce côté-ci de l'Atlantique, la situation n'est guère plus réjouissante, même si la Banque centrale européenne devrait faire l'impasse sur une baisse des taux la semaine prochaine. D'après les derniers chiffres de l'institut francfortois, les crédits au secteur privé ont affiché une hausse de seulement 5,8 % sur un an en décembre, contre 7,1 % le mois précédent. Qu'à cela ne tienne, la reprise est néanmoins prévue pour l'an prochain, avec une croissance mondiale de 3 %, selon le FMI. Seulement alors, les entreprises auront rétabli leur rentabilité, les politiques monétaires et budgétaires auront porté leurs fruits et la purge du secteur bancaire sera enfin achevée. Peut-être.