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Grossir pour survivre ? Sergio Marchionne, administrateur délégué de Fiat, a une idée précise sur la question. L'artisan du redressement de la firme italienne estime que sous le seuil de 5,5 millions de véhicules produits par an aucun constructeur n'est assuré de survivre à la crise actuelle. C'est sans doute la raison pour laquelle l'italien a annoncé un rapprochement avec l'américain Chrysler, pourtant mal en point.
Fiat s'offre un ticket d'entrée aux Etats-Unis Fiat apportera une aide technologique et des capacités de distribution sur certains marchés clés à l'américain. En contrepartie, la firme turinoise montera à 35 % au capital de Chrysler, sans débourser un centime. Et Fiat pourrait ne pas s'arrêter là. Malgré les démentis, il envisagerait de lever 2 milliards d'euros pour mettre sur pied une alliance avec PSA Peugeot Citroën. Jusqu'ici attaché à son indépendance et préférant nouer des accords ponctuels (notamment avec Fiat...), le groupe de Christian Streiff ne pourra pas éternellement faire cavalier seul, surtout si la concentration du secteur bat son plein. A terme, il ne restera sans doute que cinq ou six grands constructeurs généralistes. Même Toyota, leader mondial et champion de la rentabilité, est en difficulté. Pour la première fois de son histoire, le japonais accusera une perte d'exploitation de 150 milliards de yens (1,2 milliard d'euros) sur l'exercice 2008/2009, qui se terminera fin mars.
Une alliance vertueuse plutôt qu'une fusion risquée Pour beaucoup, le modèle à copier est celui de l'alliance Renault-Nissan : achats et fabrication en commun, codéveloppement commercial, échanges des meilleures pratiques, etc. Une alliance qui a vocation, selon Carlos Ghosn, à accueillir un troisième partenaire ; les discussions avortées à l'automne 2006 avec General Motors restant dans les mémoires. Du côté des équipementiers français, la filière étant très fragmentée, des rapprochements sont inévitables, sur le modèle allemand qui a vu l'émergence de géants comme Bosch, premier équipementier mondial. Valeo et Faurecia ont donc vocation à jouer un rôle de consolidateurs.
NOTRE CONSEILIl faut rester très vigilant car 2009 sera l'année de tous les dangers, avec un premier semestre extrêmement difficile. Dans l'immédiat, mieux vaut rester à l'écart de Peugeot (code : UG, Comp. A, SRD), de Renault (code : RNO, Comp. A, SRD) et même de Fiat (code : F, Milan). Les résultats annuels de l'italien sont restés corrects sur 2008 mais les perspectives pour 2009 sont pessimistes, avec un bénéfice net prévu au mieux à 300 millions d'euros, contre 1,7 milliard en 2008.
Sur le papier, seul Volkswagen (code : VW, Francfort) paraît en mesure de limiter les dégâts, mais la prudence impose de prendre ses bénéfices sur l'allemand.