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L'Afrique touchée ou non par la crise?

19/01/2009 13:51 - JDF

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L’activité est-elle pour autant maintenue? Les commerçants ont constaté une chute de leur activité forte mais la raison en est davantage la hausse des prix des produits alimentaires que la conséquence directe de la crise financière.

Des économies plus perturbées par les conflits souvent internes que par la crise financière

Le cas le plus avéré du massacre d’une économie, celle de la Côte d’Ivoire, montre bien que le plus souvent les luttes internes pour la répartition des richesses locales est le facteur le plus perturbateur du fonctionnement des économies africaines. Le Nigéria, la République Démocratique du Congo, des pays saoulés de richesses, n’arrivent pas à s’auto-réguler. Que dire de plus désespérant que l’évocation du Zimbawe! La lutte contre la pauvreté objectif affiché et soutenu par les organisations internationales et les gouvernements oublie la cause principale de celle-ci : le trop fort taux de croissance de la population et montre à l’évidence le manque de courage politique.

Géographiquement, seule la zone méditerranéenne échappe dans sa totalité à ce triste constat. La croissance démographique y est moins forte que dans le sud sahélien même si elle est encore importante mais une certaine maîtrise s’affirme. Des entreprises locales prennent une dimension internationnale dans des secteurs variés : banques, téléphonie, mines, transport aérien. Les délocalisations des entreprises europénnes contribuent également à l’essor industriel. La rente pétrolière n’est pas la seule explication à cette bonne tenue des économies sud-méditerranéenne, valable seulement pour l’Algérie et la Lybie, la stabilité politique est assurée et surtout le système éducatif y est plus performant que sur le reste du continent d’où une moindre évasion des jeunes cerveaux.

Des financements disponibles parce que non employés

Le discours des bailleurs de fonds est clair : «l’Afrique n’a pas besoin d’argent elle a besoin de projets». A l’instant où les crédits semblent généralement se tarir, l’Afrique en dispose. Où sont les projets? aux lancinantes ritournelles sur le thème «donnez nous de l’argent» la question est pour quoi faire? Des millions d’euros en attente d’un côté et une absence de projets crédibles pour ne pas dire bancables puisqu’une partie est faite de dons, posent la question du dimensionnement. Trop d’argent tue l’initative car les exigences en matière de gestion sont incompatibles avec les pratiques locales, c’est à comparer avec le succès du micro-crédit qui lui échappe au nom de l’informel à une rigueur de gestion sachant au minimum séparer ce qui est de la famille et ce qui est de l’entreprise.

Ceux qui s’intéressent à l’Afique :

La Chine s’intéressent côté achats aux matières premières : bois, pétrole, fer et ferraille. Côté ventes, l’Usine du Monde a tout à offrir. L’invasion des motos «low cost» est le témoignage de cette percée commerciale. La Chine travaille également sur les infrastructures : routes, ponts, ports, stades le plus souvent par compensation avec les matières premières puisées localement.

Les pays arabes, forts de leurs petro-dollars, et surtout échaudés par la déconfiture de leurs fonds aux Etats-Unis se positionnent comme des financeurs potentiels. Ils iront investir plus facilement vers le Bassin Méditerranéen mais les institutions islamiques le conduiront à rechercher des possibilités d’investir plus au sud.

Très discrètes mais présentes par un grand nombre de techniciens, l’Inde est aussi un pourvoyeur de matériel et un intervenant dans le secteur minier.

Où investir?

Plutôt que par pays, c’est par secteur d’activité qu’il faut choisir, avoir conscience des secteurs en délin : coton principalement, connaitre les secteurs porteurs : agroalimentaire, agrocarburants, énergie, mines. L’agroalimentaire, ce n’est pas que le café, cacao. Les Etats viennent d’encourager la culture du riz pour moins dépendre des pays asiatiques et la production de 2008 est un record.

Un secteur très prometteur est celui des agrocarburants, cela concerne une très grande partie du continent où le pourghère peut pousser dans des zones considérer comme semi-désertique. Cet agrocarburant vient d’être testé sur un avion de ligne. L’Inde se prépare à une production sur 1 million d’hectares; l’Afrique peut dégager des millions d’hectares sur des zones où il n’y a pas concurrence entre culture vivrière et culture industrielle.

Autre secteur porteur, celui des énergies dont la biomasse, pour satisfaire à une demande locale très fortes pour lequelle la notion de risque est plus forte que pour les agrocarburants, il faut s’assurer de la solvabilité des consommateurs.

Enfin les mines, l’Afrique demeure peu exploitée par rapport à ses ressources globales, la faiblesse des infrastructures est souvent donnée comme explication, s’agissant de contrat avec un état, les remarques initiales sur le fonctionnement des états prévalent ce qui conduit à conseiller de choisir des opérateurs privés qui ont une activité largement indépendante des états.