L'Etat joue les apprentis sorciers avec la quatrième licence de téléphonie mobile

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Free est-il le favori ?
Free, dont la maison mère est Iliad, a une longueur d'avance sur ses concurrents. Le groupe a de fortes chances de décrocher les 5 MHz réservés à un nouvel entrant, car la volonté du pouvoir politique semble claire. « Cette décision est logique dans la mesure où, en moyenne, les autres pays européens comptent quatre opérateurs 3G », explique Didier Pouillot, expert auprès de l'Idate. En attendant, il va falloir être patients. Entre le lancement de l'appel à candidatures au premier trimestre 2009 et le lancement commercial, il pourrait s'écouler au moins un an.
Free a-t-il les moyens de financer ce projet ?
C'est la grande question. Quel sera le coût de la licence 3G ? Pour le moment, personne n'est sûr de rien. La logique voudrait qu'elle soit calculée au prorata des MHz accordés. Soit environ 200 millions d'euros. Mais rien n'est fait... Par ailleurs, Free va devoir investir pour déployer un réseau de troisième génération. Il envisagerait de consacrer 1 milliard d'euros à ce déploiement. Les trois opérateurs historiques ont investi chacun plusieurs milliards d'euros. Il reste pour Free la possibilité de louer le réseau des autres. L'alternative serait d'« utiliser le Wimax pour déployer un réseau permettant d'offrir des services de haut débit mobile. Dans cette stratégie, Iliad pourrait chercher à nouer des partenariats industriels », explique Benjamin Rousseau, analyste chez CM-CIC Securities. Les noms d'Intel et même de Google circulent. Seule bonne nouvelle, les millions de clients de Free dans Internet devraient lui éviter des déboires de l'ampleur de ceux de Yoigo en Espagne (voir graphique). L'opérateur avait fait la folie de démarrer de zéro en 2006. Il pourrait finalement être vendu.
Une surprise de dernière minute est-elle possible ?
Free aurait tort de crier victoire trop vite. D'abord, les opérateurs historiques sont furieux et pourraient décider d'une riposte sur le front juridique en présentant, par exemple, un recours devant le Conseil d'Etat. Ensuite, l'Arcep se contente d'évoquer un « nouvel entrant ». D'autres candidats comme Orascom, voire Hutchison vont au moins regarder le dossier. Ils ne se sont pas manifestés récemment mais bénéficient d'un historique flatteur dans la téléphonie mobile. Il y a aussi Numéricable. La priorité pour le cablô-opérateur reste la fibre optique. Pour ce qui est de la téléphonie mobile, tout dépendra des finances de ses actionnaires. Les fonds d'investissement, Carlyle, Cinven et Altice sont en effet fortement affectés par la crise financière.
L'Etat sera-t-il gagnant ?
Favoriser la concurrence est une bonne chose pour les consommateurs. Mais l'Etat risque de perdre des recettes fiscales en provenance des opérateurs, qui sont de vraies vaches à lait.
Pour rester fortement rentables, ces derniers n'hésiteront pas à supprimer des emplois. Martin Bouygues lui-même a estimé qu'une guerre des prix pourrait coûter de 10.000 à 30.000 emplois dans la téléphonie mobile.
NOTRE CONSEIL
Malgré un certain nombre d'incertitudes, nous restons à l'achat spéculatif sur Iliad (code : ILD, Comp.A, SRD) avec un objectif de cours de 75 euros.
Malgré un certain nombre d'incertitudes, nous restons à l'achat spéculatif sur Iliad (code : ILD, Comp.A, SRD) avec un objectif de cours de 75 euros.
Nous conseillons également à l'achat Bouygues (EN), France Télécom (FT) et Vivendi (VIV).
OLIVIER AUBERGER
