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Les jeux vidéo contre la récession

09/01/2009 12:36 - JDF

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« L'année 2008 a été notre meilleure année dans l'histoire de la Xbox », déclarait récemment le responsable produit de la Xbox 360, Aaron Greenberg. Malgré la crise économique, il ne s'est jamais autant vendu de jeux et de consoles qu'en 2008 chez la firme de Redmond. Si la plupart des détaillants américains déplorent un recul des ventes ces derniers mois, le marché des consoles semble bien résister à la hausse du chômage et au resserrement du crédit. Selon une étude du cabinet NPD, les ventes mondiales de jeux vidéo ont augmenté de 10% pour représenter 2,91 milliards de dollars en novembre. Microsoft, avec sa Xbox 360 ressort grand gagnant de cette période et en profite pour creuser son avance sur Sony avec la Playstation 3. De plus, les dépenses des consommateurs sur le service internet Xbox Live de Microsoft ont grimpé de 84% sur un an et la communauté Xbox Live dénombre plus de 17 millions de membres fin 2008. Un succès qui repose, selon les dirigeants de Microsoft, sur la baisse du prix de vente de la console, qui est passé au mois de septembre à 199 dollars aux Etats-Unis, soit 50 dollars de moins que la Wii. En France, le marché des jeux vidéo affiche également une insolente bonne santé. Toujours selon NPD, le secteur tout confondu (consoles, jeux et accessoires) a progressé de 24% au troisième trimestre 2008 (par rapport au troisième trimestre 2007) avec un chiffre d'affaires de 2,9 milliards d'euros.


Un remède contre la morosité
Les professionnels du secteur expliquent l'engouement pour les jeux vidéo par son ouverture à un public plus large, comme les femmes ou les seniors. Selon Nelly Gross, Videogames Senior Analyst chez NPD Group : « Ce loisir, plébiscité par la génération digitale, devrait continuer de croître car il séduit de plus en plus de femmes, mais aussi les plus jeunes et les seniors grâce à des consoles à la pointe de la technologie et des jeux vidéo répondant à toutes les attentes ».


L'autre explication de ce regain d'intérêt pour les jeux vidéo est conjoncturelle. Il tiendrait à la crise elle-même. Le divertissement à domicile offrirait une alternative plus économique aux sorties, pour s'évader d'un quotidien souvent difficile. Un phénomène similaire avait été observé durant la Grande dépression de 1929. Pendant cette période, les salles de cinéma enregistraient des affluences record, à 5 cents la séance. Mais en 2009, à près de dix dollars la séance, le cinéma entre en concurrence directe avec le jeu vidéo. En somme, les jeux vidéo offriraient un bon remède à la morosité en temps de crise. C'est en tout cas ce que tend à confirmer une étude menée par l'université de Stanford en Californie. Elle a démontré que les jeux agiraient sur la région méso-corticolimbique du cerveau impliqué dans le circuit de la satisfaction et de la récompense.


Des perspectives moroses
Tout irait bien donc dans le meilleur des mondes si des signaux inquiétants n'étaient pas apparus ces derniers mois. Au Japon, un pays qui joue un rôle de précurseur dans le domaine des loisirs numériques, le marché des jeux vidéo a reculé de 15,3% en valeur en 2008. Une baisse qui s'explique selon la société nippone spécialisée Enterbrain, par l'absence de sorties de nouvelles consoles et une offre peu attractive.


Le ton des géants du secteur a d'ailleurs quelque peu changé ces dernières semaines. En octobre, le PDG de Sony Computer Entertainment, se montrait encore optimisme dans le Financial Times, déclarant que « du moment que nous continuons à créer des jeux intéressants, nous serons moins affectés que les autres industries». Mais c'est le même Sony qui annonçait récemment que la division Playstation devait faire face à «contexte économique incertain». Le groupe a par ailleurs annoncé son intention de licencier 8000 employés d'ici mars 2010. Même prudence chez Microsoft qui déclarait récemment se préparer à des «temps difficiles».


Du côté des éditeurs, ce n'est pas l'euphorie non plus. Poids lourds du secteur, Electronic Arts, a indiqué que les ventes des fêtes de fin d'année étaient décevantes. Le groupe a annoncé qu'il allait réduire le nombre de jeux en développement, ajoutant qu'il procéderait à de nouvelles réductions d'effectifs, en plus des 600 employés déjà licenciés à la fin du mois d'octobre dernier. Un autre éditeur phare, Take-Two a affiché un «optimisme prudent «, précisant qu'il n'y avait «pas de quoi sabrer le champagne mais assez pour s'en sortir».



D Pellecuer