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Dans les périodes agitées que nous connaissons actuellement, certains aimeraient réussir à trouver calme et sérénité. Or, assuré et tranquille, Jean-Claude Marian l'est sûrement. Pas de triomphalisme ni d'orgueil. Au contraire, le P-DG du groupe de gestion de maisons de retraite jette un regard plein de modestie sur le parcours qui est le sien. Beaucoup soulignent aujourd'hui le caractère florissant du secteur sur lequel évolue Orpéa. D'autres lui envient la réussite insolente de ses établissements. Pourtant, se lancer dans l'aventure de la prise en charge de la dépendance n'était pas, il y a quelques années, gagné d'avance.
« Cela n'a pas été un chemin sans embûches, explique tranquillement Jean-Claude Marian
. Il y a vingt ans, les besoins de placements en institution n'étaient pas aussi importants et nous avions parfois du mal à remplir nos établissements. On entendait souvent : Orpéa, c'est bien mais c'est trop cher ! » Alors il a fallu faire preuve de ténacité, l'une des principales qualités pour réussir, selon ce dirigeant.
« Je pense que c'est l'homme le plus volontariste du groupe, un vrai entrepreneur, confirme Yves Le Masne, directeur général délégué du groupe, qui travaille avec lui depuis seize ans.
Alors que les débuts ont été comme souvent difficiles, il a eu la grande intelligence, que d'autres patrons créateurs de leur propre entreprise n'ont pas toujours, de déléguer une grande partie de ses fonctions de gestion, pour se consacrer pleinement au développement. Gagner sa confiance demande du temps, mais quand elle est acquise, elle est sans faille. » Un pari payant Avec la prise de conscience d'une dépendance croissante au sein d'une population de plus en plus âgée, le pari de Jean-Claude Marian s'est avéré payant. A la fin des années 1990, Orpéa connaît une période faste - jamais remise en cause depuis -, avec l'ouverture d'une dizaine d'établissements par an. La problématique de la mauvaise prise en charge des soins à domicile et la recherche d'établissements de qualité a finalement permis au groupe d'enclencher une dynamique positive. Ne plus exercer la médecine, pour ce passionné de relations humaines, n'a pas été un problème :
« Même si j'ai, bien sûr, perdu le contact humain très particulier avec le patient, la vie d'entreprise est riche de relations humaines très dynamiques. Dans l'aventure entrepreneuriale, la démarche intellectuelle est similaire : comprendre, diagnostiquer et imaginer des solutions pour trouver celle qui est la plus appropriée pour le développement de l'entreprise, comme lorsqu'on cherche le meilleur traitement pour un patient. » Une grande force de caractère donc pour ce médecin qui garde en tête l'aspect primordial de la vie personnelle. Lui qui avoue bien séparer vies familiale et professionnelle accorde néanmoins une grande importance à l'équilibre de ses équipes ; dans un métier qui requiert parfois une grande force morale,
« il reste humble et discret sur sa vie personnelle, confirme Yves Le Masne.
Il a à coeur de rester toujours disponible pour les gens avec lesquels il travaille et n'oublie jamais qu'il demeure un médecin. Il a aussi su nous transmettre sa combativité et faire que les équipes dirigeantes adoptent elles aussi un rôle moteur pour l'entreprise ». Autre centre d'intérêt de cet amateur d'art : les voyages. Mêlant plaisir et travail, il s'est lancé depuis quelques années à la conquête des marchés étrangers : Espagne, Italie, Belgique, Suisse... Jean-Claude Marian a aussi compris l'importance de donner une dimension européenne à l'entreprise, pour jouer sur des tendances démographiques globales. Il retrouve d'ailleurs dans ces déplacements l'occasion de profiter d'autres formes de relations humaines. Si la façon de prendre en charge la dépendance ne diffère pas vraiment d'un pays à l'autre, ces voyages sont aussi une opportunité de découvrir des cultures différentes. Près de vingt ans après l'ouverture du premier établissement, Jean-Claude Marian continue de regarder l'avenir avec confiance et poursuit le développement d'Orpéa avec le souci du meilleur service rendu. Motiver les troupes, créer un esprit d'équipe dans un secteur où les relations avec les résidents peuvent être difficiles, bref, donner toujours la priorité à l'aspect humain sur le lieu de travail.
« En tant que président fondateur, je suis bien évidemment très attaché à ce groupe. Mais quand viendra le moment de partir, ce qui n'est pas d'actualité, je le ferai sans amertume. Tout sera prêt pour une future succession et je sais que je laisserai Orpéa entre de bonnes mains », conclut, toujours avec philosophie, le médecin.