«Le premier trimestre 2009 est d'ores et déjà condamné»
«Le scénario de récession est doté d’une probabilité de deux tiers, et celui d’une dépression, d’un tiers. Dans chacune de ces deux configurations, nous estimons que l’inflation sera faible l’an prochain, du fait notamment de la baisse du prix des matières premières. Gérer l’inflation, les banquiers centraux savent le faire, mais ils peinent à gérer la déflation. C’est le scénario ultime qu’ils cherchent à éviter, et ils vont faire leur possible pour l’éviter.
Les gouvernements et les banquiers centraux s’attachent à limiter les conséquences de la crise. Les Etats-Unis ont montré l’exemple. Ils renflouent les marchés au mépris des équilibres budgétaires car le soutien de l’économie est primordial. Mais ensuite, les banques centrales devront rapidement éponger les liquidités déversées sur le marché pour fluidifier les marchés paralysés par la crise, pour éviter un scénario à la japonaise, qui risque d’engendrer un marasme économique pendant des années. En Europe, le risque est de vivre une dépression du type de celle connue en 1991-1992.
Soutenir encore l’économie
La consommation ne repartira pas d’elle-même. Une aide devra être donnée au secteur immobilier. Les mises en liquidations devront être évitées tant que possible. Il faudra également épauler les sociétés endettées. Mais il est possible que le scénario le plus noir se concrétise, et qu’il dure plusieurs trimestres. Dans tous les cas, le premier trimestre 2009 est d’ores et déjà condamné.
Signaux à suivre
Trois types de signaux peuvent être utiles : Une reprise du marché immobilier américain, en récession depuis 2006, l’accélération de la baisse des prix et la stabilisation de l’économie américaine. Ce sera alors l’amorce de la fin du tunnel. Par ailleurs, si la Chine réussit à préserver la dynamique de sa consommation domestique, cela constituerait une aide pour la croissance mondiale.»
