Archives Journal des Finances

«On n'imagine pas les Etats-Unis faire faillite»

23/12/2008 11:34 - JDF

  Texte plus grand Texte plus petit Séparateur

-

 

«Pour la première fois, les échanges commerciaux internationaux se contractent. A cette moindre demande extérieure s’ajoute une consommation intérieure des ménages diminuée depuis plusieurs mois déjà. Les profits des entreprises seront affectés à la fois par la récession et par la hausse des frais financiers. La chute des chiffres d’affaires devrait être la plus forte jamais observée. Les sociétés vont réduire leurs investissements et le nombre de faillites va augmenter. Le marché du travail va donc continuer de se dégrader jusqu’à atteindre 8,5% de chômage aux Etats-Unis et plus de 9% dans la zone euro. La croissance devrait rester négative au premier semestre 2009. Elle sera sans doute modeste, mais de nouveau positive, à partir de la seconde moitié de l’année. »

Les déficits publics

«On n’imagine pas les Etats-Unis faire faillite car le pays est en mesure de créer de la dette autant qu’il le souhaite. Nous pensons qu’il sera toujours possible de refinancer les déficits publics.»

Les taux

Aux Etats-Unis, en Grande-Bretagne et en Europe, les taux directeurs des banques centrales devraient évoluer en 2009 entre 0% et 1%. Au Japon, ce niveau de taux quasi nul est déjà en place. Du fait de cette politique, les taux longs devraient continuer de baisser au début de 2009.

Le pétrole

« Un baril à 40 dollars me semble mieux refléter la situation du marché qu’un prix de 150 dollars. Nous ne croyons pas à l’hypothèse d’un rebond des cours de l’or noir en 2009, malgré les facteurs de tension. La raréfaction des matières premières reste en effet une réalité, tout comme la question du partage des richesses. »

Les devises

Le dollar devrait rester stable en 2009. Des pôles d’attractivité régionale vont se développer autour des monnaies fortes : le dollar bien sûr, mais aussi l’euro et la monnaie chinoise. Ceci implique que la Chine accepte la force de sa monnaie, et qu’elle cesse de pratiquer des dévaluations comme elle l’a fait par deux fois récemment. En 2009, il risque de se produire une guerre des changes, où chaque pays chercherait à dévaluer sa monnaie pour être plus compétitif que les autres. Ce n’est pas à souhaiter. Si la Chine continue de dévaluer sa monnaie, le dollar pourrait alors fléchir. L’économie mondiale aura d’autres soucis à gérer. Il serait appréciable que le marché des changes reste tranquille !

Secteurs d’avenir

« Nous sommes sereins sur l’avenir des biotechnologies, de la santé, des télécoms et de toutes les entreprises qui sont peu sensibles aux cycles économiques. A terme, les secteurs qui vont profiter des plans de relance, comme le BTP, pourront être favorisés. En revanche, nous restons à l’écart des banques quelles qu’elles soient : de nouvelles recapitalisations vont avoir lieu l’an prochain. Nous resterons également vigilants vis-à-vis de la consommation durable. »

Perrine Créquy