«4 à 8 faillites au sein du Cac 40, cela nous semble peu réaliste»
YM : « Nous n’avons pas de plancher à la baisse des indicateurs de l’économie réelle. L’année 2008 va se terminer avec des bénéfices réduits de 5% voire de 10%. Les cours actuels en bourse indiquent que les investisseurs s’attendent à une chute des bénéfices de l’ordre de 35% à 40% en 2009. Un plongeon de cette ampleur correspond aux plus forts replis d’activité observés lors des précédentes crises. Les niveaux de cours actuels commencent donc à devenir attractifs. Il y aura des défauts parmi les grandes entreprises européennes, mais sans doute moins qu’attendu. Les études prévoient par exemple 4 à 8 faillites au sein du Cac 40, ce qui nous semble peu réaliste. »
Les prix
« Nous envisageons la possibilité de la déflation, c’est-à -dire d’une spirale de baisse des prix. Mais nous privilégions le scénario d’une désinflation, c’est-à -dire d’une correction du rythme de croissance des prix. »
L’emploi
HR : « Après le choc de 1929, le chômage a atteint 25% aux Etats-Unis. L’économie américaine était alors très agricole, et peu de demandeurs d’emplois déclaraient leur situation. Ce chiffre est donc un minimum. La crise actuelle n’entrainera pas de tels niveaux de chômage. »
Le crédit
FR : « La crise des liquidités est probablement en train de se terminer. Le summum de cette crise a été atteint après la faillite de Lehman Brothers. Le 15 septembre fera date dans l’histoire monétaire économique. Le dépôt d’un acteur de cette taille a surpris beaucoup de monde, et il a entraîné une vague de panique. Les établissements se sont dit que si une banque était capable de faire défaut en un week-end, il devenait risqué pour eux d’accorder des prêts à leurs homologues avec une échéance supérieure à trois mois. Grâce à la réaction des autorités, ces craintes sont désormais apaisées. La crise des liquidités devrait être surmontée d’ici six mois à un an.»
Les secteurs résistants
YM : « Il semble préférable de donner la priorité aux secteurs défensifs que sont la santé, les télécoms, l’énergie et les services aux collectivités. Les secteurs en difficulté devraient tenir. Avec l’action des gouvernements et des banques centrales, le plus dur est passé pour la finance. Les constructeurs automobiles américains Ford et General Motors sont certes mal en point. En revanche, le secteur automobile européen est suffisamment concentré pour tenir.
Devises et énergie
« Globalement, le pétrole et les actions devraient continuer de baisser, et le dollar va se redresser. »
