«La croissance mondiale pourrait atteindre 2,2% en 2009»
Le ralentissement économique actuel est programmé depuis trois ans par les banquiers centraux qui redoutaient la hausse des prix des matières premières et la croissance simultanée de toutes les zones économiques. L’effondrement des institutions financières et le gel du crédit, déclenchés par la crise de l’immobilier américain, n’ont été que les catalyseurs de la crise économiques qui a surpris par son ampleur et sa soudaineté.
Poursuivre les réactions concertées
La réaction des gouvernements et des institutions à travers le monde a été concertée et rapide mais il reste beaucoup à faire. L’adaptation des règles comptables, la transparence et la régulation ont été négligées au profit des recapitalisations et des mesures monétaires. De plus, la sortie de crise doit aujourd’hui être impulsée par une réponse globale qui a commencé avec les réactions en cascade des banques centrales – même la Banque centrale chinoise a suivi - et l’action internationale de la Réserve fédérale américaine (swaps de devises). En contrepartie, l’interventionnisme étatique sera sanctionné par des déficits publics record. Au niveau du marché interbancaire, l’injection massive de liquidités présente pour le moment des résultats encore faibles mais le dégel est en cours.
La consommation, première victime à soutenir
Le chômage va augmenter ainsi que le taux d’épargne, nuisant à la consommation, et par-là même, à l’activité économique. Heureusement, on voit s’esquisser des soutiens à la consommation comme des plans de relance budgétaire et/ou fiscaux, la baisse du prix de l’énergie ou l’évolution des prix de l’immobilier vers une stabilisation.
Le prix du pétrole restera bas
Les cours du pétrole ont perdu plus des deux tiers de leur valeur en moins de six mois. Pour le moment, aucune remontée significative des prix ne se profile du fait de la chute de la demande et de la croissance de l’offre. De plus, l’OPEP (Organisation des pays exportateurs de pétrole) a perdu le contrôle du marché qui ne rebondit plus durablement lorsqu’elle prévoit des baisses de production.
Les taux de change se normaliseront
En 2009, le marché des changes devrait connaître une atténuation progressive mais importante de sa volatilité, fixant ainsi les parités autour des bases atteintes. La hausse du dollar face à l’euro devrait diminuer les risques de crise sur le billet vert. La devise nippone connaitra à terme une correction. Le yen a en effet a pris énormément de valeur sans raison fondamentale, du fait du débouclement massif des positions de «carry trade» (qui consistent à emprunter dans une devise à taux faible et à placer le montant levé dans une devise mieux rémunérée, ndlr). Quant à l’euro, il devrait rester bas, ce qui renforcera la compétitivité des exportateurs de la zone euro.
Récession oui, dépression non
Si le point d’inflexion n’est pas encore en vue dans les pays de l’OCDE, tous les pays ne seront pas en récession. Les pays émergents comme le Brésil, la Chine, l’Inde ou la Pologne, conserveront un certain niveau de croissance permettant au FMI de prévoir pour 2009, une croissance du PIB mondial de l’ordre de 2,2%.
L’ économie américaine se redressera
Le taux d’épargne aux Etats-Unis devrait augmenter régulièrement pour atteindre 4%, concourant ainsi à une baisse de l’endettement des ménages. Le marché de l’immobilier américain se stabilisera à des prix accessibles grâce au plan de soutien aux emprunteurs, les ventes devraient reprendre progressivement faisant baisser les stocks. Cependant, le point bas des prix de l’immobilier ne sera atteint qu’en 2010.
Dans la zone euro, l’ amélioration sera plus lente
En 2009, l’économie de la zone euro mettra plus de temps à se reprendre. L’épargne ne remontera pas beaucoup puisqu’elle part de niveaux assez élevés. On peut dire que la Banque centrale européenne a pris un peu de retard concernant la mise en place de mesures «hors normes» pour enrayer la déflation.
Guetter la réouverture du crédit et la stabilisation de l’immobilier
Dans un premier temps, il semble important de surveiller la stabilisation du secteur immobilier qui a été le déclencheur de la crise. Celle-ci est la condition sine qua none d’une perspective de sortie de crise et donc de reprise.
Une fois la reprise en vue, il faut suivre attentivement la réouverture du crédit par les banques car les niveaux de taux sont encore trop hauts aux Etats-Unis, au Japon et en Europe, compte tenu des prévisions mauvaises concernant l’activité. Il faut que cette réouverture du crédit soit effective pour pouvoir espérer une véritable amélioration du marché des actions.
Suivre les secteurs à croissance perenne
Le secteur de l’immobilier ne sera pas porteur avant 2010. Les secteurs porteurs seront plutôt ceux qui innovent comme la biotechnologie, ou ceux qui bénéficient de savoir-faire unique et d’une position commerciale dominante.
