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BNP Paribas accumule les mauvaises nouvelles

20/12/2008 00:00 - JDF

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Après la grâce, la disgrâce. La semaine a été ponctuée de mauvaises nouvelles pour BNP Paribas, jusqu'alors relativement épargnée par la crise financière. Le week-end dernier, la banque de la rue d'Antin a été parmi les premiers groupes français à annoncer une perte, potentiellement de 350 millions d'euros, liée au scandale Madoff. Si la banque n'a fait aucun investissement pour compte propre dans les hedge funds gérés par la société du courtier américain, Bernard Madoff Investment Services, elle est toutefois exposée à un risque du fait de ses activités de marché et de prêts à certains fonds qui ont investi dans les fonds spéculatifs en question. Mardi, la banque a perdu un petit peu plus de son aura. Et la confiance des investisseurs à son égard, vu la chute du titre, qui a fini la journée en baisse de 17,2 %. Avec Goldman Sachs, la banque d'investissement de BNP Paribas était jusqu'alors la seule au monde à avoir réalisé des résultats positifs depuis juillet 2007. La banque américaine continue à résister : les équipes de sa banque d'investissement ont réalisé des revenus positifs au cours du quatrième trimestre, pourtant marqué par des conditions de marché difficiles. Un « contexte de dislocation et de volatilité extrêmes des marchés », selon les mots de BNP Paribas, qui ont fait perdre 1,6 milliard d'euros à la banque au cours des mois d'octobre et de novembre, effaçant ainsi le résultat positif de 879 millions d'euros des neuf premiers mois de l'année. Chose impensable il y a encore quelques semaines, BNP Paribas a dévoilé un plan de restructuration de sa banque d'investissement. La branche va entreprendre « une réduction des risques de marché et des stocks d'obligations », et fera « évoluer la gamme de produits en fonction des nouvelles attentes des clients » en proposant davantage de produits de flux et de produits dérivés plus simples. Cette remodélisation se traduira par un « ajustement des plates-formes et des moyens alloués », entraînant notamment la suppression de 5 % des postes au niveau mondial. Cette lourde perte ne manquera pas de relancer les spéculations sur la nécessité pour le groupe de procéder à une augmentation de capital pour renforcer son ratio de fonds propres durs (core Tier 1). A 5,7 %, il est aujourd'hui parmi les plus bas en Europe, où le standard avoisine plutôt 8 %. Or, BNP Paribas comptait renforcer son ratio de 0,35 point avec l'intégration des activités belges et luxembourgeoises de Fortis. Les chances que cette opération aboutisse se sont cependant sérieusement amoindries depuis que la justice belge a décidé, le 12 décembre, de la suspendre pendant soixante-cinq jours, à la demande d'actionnaires minoritaires. BNP Paribas se donne jusqu'au 28 février pour mettre en oeuvre l'accord signé avec l'Etat belge le 10 octobre. La banque peut toujours acquérir 49 % des activités, en attendant toutefois les 51 % restants, qui permettraient d'ajouter deux marchés domestiques. Dans ce contexte, BNP Paribas a préféré annuler son assemblée générale extraordinaire, prévue pour le 19 décembre, au cours de laquelle les actionnaires auraient dû voter l'augmentation de capital nécessaire à la reprise de Fortis.
NOTRE CONSEILAprès cette série de mauvaises nouvelles pour le moins inattendue, nous modifions notre conseil et préférons passer à alléger, en baissant notre objectif de cours à 35 euros (code : BNP, Comp. A, SRD).
ANNELOT HUIJGEN