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En optant pour un taux directeur proche de 0%, le président de la Réserve fédérale, Ben Bernanke, a fait un choix, celui du dollar faible. Plus aucun responsable américain n'a l'outrecuidance de soutenir le contraire. En juin dernier, le secrétaire au Trésor, Henry Paulson, faisait semblant de croire au dollar fort. Aujourd'hui, plus personne ne joue cette comédie. Il est symptomatique de voir à quel point les médias comme les responsables américains ne parlent plus du déficit commercial américain. Il est pourtant de plus en plus abyssal. Et ce n'est pas la faiblesse du dollar qui va améliorer la situation, même si on peut espérer une hausse en volume des exportations. Les autorités américaines ont d'autres préoccupations. La première reste avant tout de sauver le système bancaire et d'éviter la dépression. Si, par bonheur, la situation devait s'avérer moins catastrophique que prévu, la Fed est prête à prendre le risque d'un redémarrage de l'inflation. De son côté, Jean-Claude Trichet reste droit dans ses bottes. Malgré la baisse historique des taux la semaine dernière, le taux directeur de la BCE reste à 2,5 %. L'écart de 250 points de base avec les Etats-Unis est colossal. Cela reflète aussi la rigidité de la BCE sur ce qui constitue sa première mission : la lutte contre l'inflation. Par ailleurs, certaines matières premières vont profiter du dollar faible. Nous pensons en premier lieu au pétrole et à l'or. En effet, les investisseurs cherchent des alternatives pour diversifier leurs actifs. L'or présente l'avantage d'être une valeur refuge. D'ailleurs, l'once a bien rebondi ces derniers temps. Elle cote plus de 850 dollars. La faiblesse du dollar reflète d'autres craintes. Les investisseurs ont peur que le billet vert ne perde petit à petit son statut de monnaie de réserve. Depuis plusieurs années déjà, la Chine, les pays du Golfe et la Russie diversifient leurs réserves de change. Sans faire de bruit, les banques centrales de ces pays se tournent notamment vers l'euro. Nous sommes à un tournant de la politique américaine. Sur de trop nombreux points, la superpuissance vacille. Pour alléger les dépenses, il est temps que Barack Obama mette fin à la guerre en Irak et trouve un terrain d'entente avec l'Iran. Par ailleurs, il est dans l'intérêt de l'Amérique de mettre en oeuvre une nouvelle régulation ou réglementation de la finance mondiale. Le laissez-faire a largement échoué. Pour autant, les Etats-Unis ne peuvent se permettre de verser dans le dirigisme.