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Si l'euro valait 2 dollars américains...

20/12/2008 00:00 - JDF

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Nous sommes le lundi 20 décembre 2010, John, trader à Londres, peut sourire. Il voit s'afficher sur son écran, le temps d'un dixième de seconde : EUR/USD 2.000. Enfin ! L'euro vaut tout juste 2 dollars. John, qui avait misé sur une hausse de la devise européenne, se frotte les mains. A 1.000 kilomètres de là, c'est une tout autre ambiance. De nombreux salariés d'EADS attendent fébrilement leurs lettres de licenciement. Le groupe d'aéronautique et de défense est victime de l'euro fort. L'entreprise vit depuis plusieurs mois sous perfusion, grâce aux subventions généreusement accordées par les Etats. Tout le secteur aéronautique est sinistré : Latécoère a fait faillite et ses salariés sont sur le carreau. L'euro fort n'en finit plus de faire des victimes. Les constructeurs automobiles voient leurs exportations s'effondrer. Les politiques tentent de sauver les meubles Mais il y a pire... Il y a deux mois maintenant, l'Italie a pris une décision aussi folle qu'irresponsable. Ne supportant plus le poids d'une monnaie devenue trop forte, le pays a décidé, de façon unilatérale, de quitter l'euro. D'après les experts, les transalpins vont au-devant d'une énorme désillusion, avec une inflation démente à la clé. En seulement soixante jours, leur monnaie a déjà perdu 25 %. Sarkozy et Merkel sont obligés de faire le tour de l'Europe pour s'assurer que des partenaires comme la Grèce ou le Portugal ne feront pas de même. Dans le même temps, il faut faire comprendre à certains candidats de l'Est que le calendrier d'entrée dans la zone euro ne pourra pas être respecté. La seule bonne nouvelle dans ce tableau noir nous vient de Grande-Bretagne. Le Premier ministre et son gouvernement réfléchissent sérieusement à une entrée dans la zone euro. La livre sterling s'est effondrée avec le dollar. Plus que jamais, les Britanniques se demandent s'il ne serait pas opportun de changer de camp. Une nouvelle envolée de l'euro inspire la peur Ce scénario fiction fait froid dans le dos. Qui aujourd'hui peut dire qu'il n'y a pas pensé ? Chaque jour, la dette américaine s'alourdit un peu plus. Que se passera-t-il si les investisseurs étrangers décident de ne plus se tourner vers les obligations d'Etat américaines ? La Chine a-t-elle les moyens d'arrêter de financer son premier client ?
OLIVIER AUBERGER