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Courrier des lecteurs

06/12/2008 00:00 - JDF

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PEtrole

A moins de 50 dollars le baril, j'envisage de prendre un pari de rebond au cours des prochains mois ou des prochaines années. Quels produits me conseillez-vous pour accompagner ce mouvement ? La chute vertigineuse des cours du pétrole finira effectivement par trouver un niveau plancher sur lequel rebondir. Si les fluctuations à court terme, sont imprévisibles, à moyen terme, le risque de pénurie est bel et bien présent. De plus, les conditions d'exploitation des ressources restantes sont technologiquement difficiles et vont accentuer l'effet de rareté dans les prochaines années. Un rebond des cours est donc tout à fait envisageable dans une optique à moyen terme. Le prix d'équilibre pourrait être compris entre 80 et 100 dollars le baril, ce qui offre un fort potentiel de reprise à moyen terme. Plusieurs véhicules d'investissement permettent de prendre position sur le baril d'or noir. Il existe des warrants, des certificats 100 %, les actions des compagnies pétrolières, les fonds spécialisés énergie... Le choix du produit dépend en grande partie de votre profil d'investisseur. Si vous recherchez un produit simple et transparent, les certificats 100 % répliquant fidèlement les variations de cours du baril sont une solution intéressante. Nombre d'entre eux n'ont pas de durée de vie limitée. Ils sont « open end ». En achetant ce type de certificat, c'est comme si vous achetiez des barils de pétrole.

Sanofi

Le secteur pharmaceutique est réputé défensif. Comment expliquez-vous que le titre Sanofi n'affiche pas une meilleure performance dans le contexte actuel de crise économique ? Le secteur de la santé en général est réputé défensif. Crise économique ou non, le nombre de malades, les besoins en soins restent identiques. Pourtant, au sein des métiers de la santé, certaines professions sont plus ou moins affectées par la conjoncture économique. Les laboratoires, et c'est le cas de Sanofi, doivent faire face à la volonté croissante des Etats de réduire les dépenses de santé et de limiter les remboursements des médicaments. Ils doivent aussi affronter la sévère concurrence des fabricants de molécules génériques. Les laboratoires subissent des contraintes croissantes qui rendent le secteur de moins en moins défensif. L'action Sanofi enregistre des écarts de cours importants au gré, par exemple, de l'annonce des autorisations sur un nouveau traitement. Sur le moyen-long terme, le caractère défensif du titre est indéniable, mais, à court terme, il reste soumis aux humeurs des investisseurs. Si vous cherchez des valeurs plus défensives, il faut vous tourner vers des titres comme BioMérieux.

Valeurs vertes

Les valeurs de l'environnement comme Séchilienne Sidec ou EDF Energies Nouvelles n'ont pas été épargnées par la crise boursière. Est-ce le moment de revenir dessus ? La crise boursière n'a épargné personne. Toutes les valeurs, sans discernement, ont subi de gros dégagements. Comme nous vous l'indiquons régulièrement dans nos lignes, nous sommes actuellement dans un marché de flux ; de nombreux investisseurs vendent pour dégager des liquidités. Et le mouvement a bien du mal à être jugulé. Dans ces conditions, les valeurs vertes présenteront un véritable relais de croissance au cours des prochaines années, et affichent des ratios de valorisation anormalement bas. Les valeurs que vous avez citées peuvent être mises en portefeuille dans une optique à moyen-long terme. Les prévisions de résultats restent bonnes, et nombre d'entre elles affichent toujours des croissances solides de leurs marchés. A court terme, les cours de ces titres peuvent encore subir des dégagements, mais, sur longue période, elles rebondiront en raison des besoins énergétiques auxquels la planète devra faire face au cours des dix prochaines années. La conjoncture actuelle offre vraiment l'opportunité de rentrer à bon compte sur ces valeurs. Procédez à des achats par petits paquets, sans précipitation.

CFD

J'ai récemment acheté des CFD (contracts for difference) pour un montant de 15.000 euros. J'ai pris une position sur une action Alcatel avec un levier de 10 fois. A ma grande surprise, j'ai payé 150 euros de courtage ! Je croyais pourtant que la commission était de 0,10 % de mon investissement. Puis-je me plaindre auprès de mon intermédiaire ? La commission, équivalente au courtage, sur les CFD est en général de l'ordre de 0,10 % TTC. Beaucoup de néophytes commettent l'erreur de croire que ces 0,10 % sont appliqués sur le montant de leurs dépôts. En fait, cette commission est appliquée sur le montant de la position prise. Si avec 15.000 euros vous vous engagez sur 150.000 euros, vous détenez une position de 150.000 euros en actions. Le taux de commission est donc de 0,10 % TTC de cette somme, soit 150 euros... Il n'y a donc aucune erreur de la part de votre intermédiaire. Votre erreur d'appréciation est courante. Elle ne doit cependant pas vous amener à renoncer à ces produits.

PEA

J'enregistre de telles pertes dans mon PEA ouvert il y a quatre ans que j'hésite à le casser pour pouvoir dégager des moins-values fiscales. Qu'en pensez-vous ? Il serait dommage d'avoir cumulé quatre années de PEA et de sortir de votre plan. Si à court terme vous êtes perdant par rapport au montant investi lors de la création du plan, son maintien en l'état peut vous sembler absurde. En revanche, si vous patientez encore quelques mois, vous passerez le cap des cinq ans au-delà duquel vous pourrez sortir des plus-values éventuelles sans payer l'impôt sur les plus-values. Si vous disposez encore de liquidités et si vous pouvez en réinvestir une partie sur des actions à fort potentiel de rebond, 2009 ou 2010 pourraient vous réserver de bonnes surprises en Bourse. Votre PEA retrouverait alors toute son utilité. Nous vous invitons à ne pas casser ce plan à seulement quelques mois du seuil des cinq années.

Turbos

J'envisage de m'initier aux turbos. Je ne comprends pas le fonctionnement de la barrière désactivante. Que se passe-t-il si, dans le cas d'un call, l'action touche cette barrière ? Les turbos sont des produits spéculatifs, plus simples à appréhender que les warrants, mais beaucoup plus sensibles aussi dans la majorité des cas. Comment fonctionnent-ils ? Prenons l'exemple d'un turbo call sur l'action Suez GDF au prix d'exercice de 28 euros. L'action vaut aujourd'hui moins de 30 euros. Le turbo autour de 0,20 euro. Si l'action remonte à 32 ou 33 euros, la valeur du turbo s'envole. Le cours fera plus que doubler. En revanche, si à n'importe quel moment en séance le cours de l'action Suez GDF touche le niveau de 28 euros (le prix d'exercice), le turbo est désactivé. Vous perdez la totalité de votre investissement. Cette barrière désactivante est le niveau de cours à surveiller en permanence par le détenteur de turbo. L'investissement relève donc du pari. Il existe des turbo calls et des turbo puts. Libre à vous de choisir le sens...
R. KERLAON (22) T. BENSOUSSAN (78) F. GUALINO (12) C. BREDON (01) E. LOIROUX (85) M. PLURBEC (57)