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De belles opportunités parmi les convertibles

29/11/2008 00:00 - JDF

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Les obligations convertibles (OC) sont réputées constituer un bon parachute contre la baisse des actions. Ces produits se définissent en effet comme des obligations échangeables en actions qui présentent le grand avantage de bien résister aux fluctuations de la Bourse, en raison de leur caractère obligataire. Sauf en cas de faillite de l'émetteur, le porteur d'une OC est en effet assuré de recevoir un coupon annuel fixe et d'être remboursé à l'échéance. Contrairement à leur réputation, ces produits hybrides n'ont pas résisté à la crise financière puisqu'ils ont chuté de 25 % depuis le 1er janvier. « Les convertibles ont, certes, moins baissé que l'indice CAC 40, mais elles ont chuté dans des proportions inhabituelles. En temps normal, compte tenu de leur composante obligataire, elles auraient dû, avec une évolution comparable des actions, limiter leur baisse à 10 ou 15 %, pas plus », explique Kris Deblander, responsable de la gestion obligations convertibles chez Edmond de Rothschild AM. Des rendements records de 9,5 % en moyenne La forte détérioration du marché des convertibles s'explique par la disparition au cours des derniers mois des principaux intervenants de ce marché. Notamment des hedge funds d'arbitrage, confrontés à des retraits massifs de la part de leurs clients et à un resserrement des exigences de leurs banquiers sur les opérations à effet de levier. Les craintes de défaillance des émetteurs privés ont aussi contribué à affaiblir leur attrait auprès des spécialistes obligataires. Résultat de ce climat de défiance à l'égard des emprunteurs privés, les cours se sont effondrés et les rendements se sont envolés, pour atteindre aujourd'hui des niveaux records de 9,5 % en moyenne. Un taux très attrayant à comparer à celui des emprunts d'Etat à dix ans, qui n'excède pas 3,5 %. L'attrait de la convertibilité s'est nettement éloigné « Cette situation totalement inédite présente de très bonnes opportunités pour un investisseur particulier qui souhaite profiter de rendements élevés à un horizon relativement court de six à douze mois, avec des risques nettement moins élevés que sur les actions », estime Christian Ginolhac, gestionnaire du fonds Cal Convertibles. Compte tenu de la chute des cours des action, la quasi-totalité des convertibles actuellement cotées à Paris présentent un très faible indice de sensibilité aux fluctuations de la Bourse, puisque les cours des titres sous-jacents sont désormais très éloignés des prix de conversion qui avaient été fixés au moment de la mise en place de la plupart de ces produits. En revanche, l'attrait du rendement obligataire est entier car il est possible de trouver des convertibles qui rapportent plus de 6,5 % par an sur des échéances assez courtes. C'est par exemple le cas de la convertible Capgemini, qui rapporte 6,6 % à un un horizon un peu supérieur à deux ans, ce qui est aujourd'hui tout à fait exceptionnel. Le cours de l'action étant actuellement très éloigné du prix de remboursement, le principal intérêt de ce titre est son rendement avec un très faible risque de non-remboursement à l'échéance. Un marché de professionnels Les OC Nexans et Iliad, qui rapportent 9,8 % et 8 % à cinq et quatre ans, permettent elles aussi d'effectuer un bon placement avec un risque limité. La convertible Alcatel-Lucent est en revanche plus risquée. C'est ce qui explique qu'elle offre un rendement très élevé de 21,9 %. « Certaines convertibles plus longues, comme l'OC Axa 2017 ou l'OC Michelin 2017, peuvent être également achetées pour leurs rendements, qui approchent les 9 %. L'option de conversion qui s'exerce à un prix très éloigné du cours actuel de l'action n'est absolument pas valorisée, alors qu'elle n'est pas hors d'atteinte à un horizon de neuf années », précise Christian Ginolhac. L'investisseur individuel qui souhaite s'intéresser aux convertibles doit tout de même faire attention à l'étroitesse de ce marché et avoir en tête qu'il s'agit avant tout d'un marché de professionnels sur lequel il est difficile d'obtenir un bon prix pour des petites quantités. L'autre solution est de passer par un fonds, ce qui permet de mutualiser les risques et d'obtenir une performance plus homogène sur moyenne et longue période.