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Avec un chiffre d'affaires en hausse de 9 %, à 15,06 milliards de dollars, et un résultat net de 4,37 milliards de dollars (+ 1,8 %) au titre du premier trimestre de l'exercice 2008/2009 (clos le 30 juin), Microsoft confirme sa place de leader mondial sur le marché du logiciel. Ces performances ne doivent cependant pas laisser penser que l'entreprise est à l'abri de la crise. Microsoft opère en effet sur le marché des nouvelles technologies, par nature très cyclique. Les ventes de PC ne devraient d'ailleurs plus croître que de 8 à 10 % cette année, au lieu des 12 à 14 % initialement prévus. En conséquence, après l'avertissement sur résultats de SAP, la direction de Microsoft a dû à son tour revoir à la baisse ses prévisions pour 2008/2009. Les dirigeants s'attendent désormais à un bénéfice par action compris entre 2 et 2,1 dollars, et tablent sur un chiffre d'affaires de 64,9 à 66,4 milliards de dollars, soit un recul de 1 à 4 %. Ces prévisions n'ont pas rassuré les marchés, inquiets quant à la durée et à l'ampleur de la récession américaine. Le cours est ainsi revenu à son niveau le plus bas depuis huit ans. Cette sanction nous paraît toutefois excessive, étant donné la solidité des fondamentaux du groupe. En effet, Microsoft a les atouts pour rebondir à moyen terme. Le groupe bénéficie d'une bonne visibilité sur son carnet de commandes. Celui-ci a augmenté de plus de 20 % sur le premier trimestre, un chiffre qualifié d'historique par la direction. De plus, l'éditeur de logiciels possède une trésorerie nette abondante de 20,7 milliards de dollars, soit près de 30 % des fonds propres. Ce qui constitue un avantage en période d'assèchement du crédit. Cette manne lui permettra notamment de saisir les opportunités qui se présenteront, sachant que de 20 à 25 acquisitions sont prévues l'an prochain. Ces nouveaux relais de croissance compenseront une partie du recul des ventes du célèbre logiciel Windows. D'autre part, cette solide trésorerie l'autorise à mener une politique généreuse envers ses actionnaires. En septembre, le numéro un mondial du logiciel a lancé un programme de rachats d'actions de 40 milliards de dollars (soit 13 % de la capitalisation boursière) afin de soutenir le titre. Parallèlement, il a augmenté le dividende trimestriel de 18 %, pour le porter à 13 cents par action. Le pari du développement de Microsoft dans Internet nous paraît de surcroît intéressant à jouer en Bourse. Dans le domaine de la publicité en ligne, la société doit encore prouver sa capacité à atteindre une taille critique. Le rachat de Yahoo!, redevenu d'actualité depuis le départ de son P-DG, Jerry Yang, propulserait l'éditeur en challenger de Google. D'autre part, la visibilité du monde des services et des logiciels en ligne est excellente. Selon le bureau d'études Gartner, le secteur pourrait atteindre un chiffre d'affaires de 6,4 milliards d'euros cette année, soit une progression de 27 %. En Bourse, le titre s'échange 11,3 fois les bénéfices estimés 2008/2009, ce qui est inférieur à la moyenne du secteur, de 12,5 fois. Le marché ne valorise donc plus la prime de leader de Microsoft.
NOTRE CONSEILAchat spéculatif, avec un objectif de cours de 30 dollars, pour profiter du récent repli du titre (code : MSFT, Nasdaq).