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Les plans d'action se multiplient aux Etats-Unis

29/11/2008 00:00 - JDF

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Mobilisation générale outre-Atlantique. Entre le futur gouvernement et la Réserve fédérale (Fed), les annonces se sont multipliées cette semaine pour sortir le pays de l'ornière. Alors que son bilan s'est déjà alourdi de plus d'un trillion de dollars depuis le début de la crise, la Réserve fédérale a déployé un nouvel outil pour voler au secours du marché du crédit. Elle mobilisera jusqu'à 200 milliards pour le crédit à la consommation (notamment pour soutenir les prêts étudiants, les crédits automobiles et ceux consentis aux PME) et 600 milliards pour le crédit immobilier auprès d'organismes comme Freddie Mac et Fannie Mae. Cette dernière mesure est prise « pour réduire le coût et accroître la disponibilité du crédit pour l'achat de logements », a expliqué la Fed. Il faut dire que la situation sur le marché immobilier, à l'épicentre de la crise actuelle, est loin de s'améliorer : l'indice S&P/Case Shiller, qui mesure les prix dans les 20 plus grandes villes américaines, s'est effondré de 17,4 % en octobre. De son côté, Barack Obama a indiqué qu'il proposerait dès son investiture, en janvier, un plan de relance majeur de l'économie. D'après Dick Durbin, le sénateur de l'Illinois et proche allié d'Obama au Congrès, le plan devrait s'élever à 700 milliards de dollars. « Même si les mesures de soutien, centrées sur les baisses d'impôts et les projets d'infrastructures, doivent encore être approuvées par le Congrès, l'annonce a eu un effet très positif sur les marchés, qui ont grimpé plusieurs jours de suite », constate Hélène Baudchon, économiste au Crédit agricole. Le montant est à la hauteur des difficultés que rencontre le pays actuellement. Tous les indicateurs économiques ont de nouveau plongé en octobre. Les dépenses des ménages ont chuté de 1 % en un mois, signant leur plus fort recul depuis septembre 2001. Au troisième trimestre déjà, le PIB américain s'est inscrit en recul de 0,5 %, plombé par la chute de 3,7 % de la consommation. Les ventes de logements neufs se sont effondrées à leur plus bas niveau depuis 1991 et le taux de chômage est remonté à 6,5 %, un plus haut depuis plus de quatorze ans. Bien que peu détaillé pour le moment, le plan envisagé par le futur président devrait permettre de créer ou de sauver 2,5 millions d'emplois. Pour cela, il passera à la fois par des mesures de soutien de la demande à court terme, avec des allégements fiscaux, et à moyen terme, avec des grands projets d'infrastructures, d'énergie propre et d'éducation. En tout cas, si toutes ces mesures coûteront cher à l'Etat, une crise aggravée par son inaction lui coûterait plus cher encore. Obama a tout de même bien fait de préciser qu'une fois l'économie un peu rétablie il s'attellerait sans tarder à la réduction du déficit.
CAROLINE MIGNON