
P36-Tab2.gif -
Les fonds d'obligations convertibles ont bien joué leur rôle en protégeant les investisseurs contre la baisse des actions. Certes, cette protection est bien imparfaite car la catégorie perd en moyenne 26,9 % depuis le début de l'année, mais ce recul se compare favorablement au repli de 40 % de l'indice CAC 40 sur la même période. En outre, les 168 fonds qui entrent dans la catégorie des convertibles zone euro définie par Morningstar présentent des profils de risque et de performance parfois très différents. Ainsi, LFP Convertibles 2010, géré par La Française des Placements, vise à obtenir une performance supérieure à celle de l'OAT venant à échéance au 25 octobre 2010. Autrement dit, plus cette date butoir approche, moins le portefeuille sera exposé au risque des actions et des taux obligataires, même si son gérant saisit les opportunités de marché pour améliorer la performance finale. Sur les dix premiers mois de l'année, ce produit recule de seulement 6,7 %. Globalement, les fonds exposés aux convertibles à profil obligataire tirent le mieux leur épingle du jeu. La fuite vers la qualité a conduit nombre d'investisseurs à vendre systématiquement tous les titres à faible liquidité et à privilégier les signatures sans risque de crédit comme les Etats ou les institutions publiques. Par ailleurs, la faillite de la banque Lehman Brothers a contraint nombre de hedge funds à réduire leur effet de levier alors qu'ils étaient très présents sur le marché des convertibles. Certains analystes estiment que les hedge funds spécialisés dans les stratégies d'arbitrage ont détenu jusqu'à 70 % de l'encours des convertibles dans le monde. Il s'est ensuivi un flux vendeur particulièrement vigoureux qui pénalise tous les fonds classiques investis en obligations convertibles. A l'autre extrémité du classement, Dexia Bonds Europe Convertible abandonne plus de 43 % en raison de son positionnement sur les convertibles à profil actions plus marqué. Le portefeuille a aussi été affecté par la dégradation des cours sur des signatures industrielles comme Valeo, dont la prime de conversion a disparu. Conséquence directe de la correction subie par les convertibles, elles offrent maintenant une rémunération courante supérieure aux emprunts d'Etat et aux actions à fort dividende, tout en conservant une indexation à la hausse de la Bourse.