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Barack Obama aura fort à faire pour entrer dans la légende de Wall Street

08/11/2008 00:00 - JDF

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L'année 2008 restera dans les annales à plus d'un titre. Il faut remonter à 1920 pour retrouver une aussi violente chute de la Bourse américaine durant une année électorale, selon les données fournies par Dow Jones. Pour le moment, l'indice le plus ancien de Wall Street cède plus de 27 % depuis le 1er janvier. Des mythes se sont effondrés. Les toutes-puissantes banques d'investissement américaines ne sont plus que l'ombre d'elles-mêmes, quand elles ont la chance d'être encore vivantes. Lehman Brothers avait résisté à la crise de 1929. Elle a été laminée par les subprimes de 2008. Une élection historique pour une crise inédite Nul ne conteste que Barack Obama doit son élection à sa capacité à adopter un discours pragmatique et réaliste en ces temps de crise. Hormis 1932 et l'élection de Roosevelt, aucun autre scrutin ne s'est autant joué sur ces questions. Il est d'ailleurs frappant de voir que la politique internationale était reléguée à un rang tout à fait annexe à la fin de la campagne. Voilà pour le bilan. Bien entendu, comme tous les boursiers, ce qui nous intéresse, c'est de déterminer la tendance à venir. Ce que l'on peut dire, c'est que les administrations démocrates sont plus favorables que les administrations républicaines à la Bourse. Cette remarque est surtout valable à la lumière de la période récente. En effet, les huit années sousClinton ont été les plus florissantes de l'histoire de la Bourse américaine. L'indice Dow Jones a gagné plus de 226 % durant cette période. Si les présidences républicaines ont aussi été marquées par de belles périodes (Reagan, Eisenhower), le pire calvaire de Wall Street a été vécu de 1929 à 1932, soit l'essentiel de la présidence du républicain Herbert Hoover (plus de 80 % de baisse). Entre économie et géopolitique La situation actuelle est à bien des égards exceptionnelle et le nouveau président devra faire face à des défis économiques inédits. En effet, le marché immobilier est en lambeaux et les banques américaines ont été sauvées par une intervention étatique sans précédent. Au moins, Obama a le mérite de vouloir redonner confiance au peuple américain, chose qui semblait inaccessible à John McCain. Autre élément qu'il ne faut pas négliger, Barack Obama dispose d'un vrai savoir-faire en matière de politique internationale. Cet élément est essentiel. En effet, comme l'a illustré l'affaire des obligations Fannie Mae et Freddie Mac, la Chine est un des principaux créanciers des Etats-Unis. Il est essentiel de préserver de bonnes relations avec l'Empire du Milieu. De manière spécifique, nous avons pu observer que les marchés sont sensibles aux événements géopolitiques. Récemment, l'offensive russe en Géorgie a été le point de départ d'une chute du marché russe. De ce point de vue, la gestion des relations diplomatiques entre les Etats-Unis et la Russie sera primordiale. Ces dernières années, les attentats du 11-Septembre puis la guerre en Irak ont lourdement affecté Wall Street. Il est légitime d'espérer une politique pacifiste de la part de Barack Obama. S'il nous paraît utopique d'attendre un retrait immédiat des troupes américaines en Irak, nous estimons que la situation a de fortes chances de s'améliorer dans le pays. Surtout, l'élection de Barack Obama permet d'envisager un début d'accalmie dans les relations des Etats-Unis avec l'Iran. Cela permettrait de confirmer l'apaisement sur le pétrole. Enfin, une des clés géopolitiques du mandat de Barack Obama sera le conflit du Proche-Orient. Personne n'a oublié que les années Clinton, si favorables à la Bourse, ont été marquées par les premiers vrais espoirs de paix en Israël. Voilà un des multiples défis auxquels le candidat devra s'atteler.
OLIVIER AUBERGER