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Un businessman au pays des ingénieurs

25/10/2008 00:00 - JDF

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Jean-Michel Bénard a plusieurs passions. La première, c'est le business. Il sait motiver ses collaborateurs et convaincre ses clients de lui confier des missions informatiques. Cette passion des affaires le conduit à diriger aujourd'hui la société qu'il a créée. Elle compte plus de 600 personnes et devrait approcher les 60 millions d'euros de chiffre d'affaires en 2008.
Son sens relationnel lui a permis de bien mener sa barque. Entré en 1987 chez l'éditeur de logiciels Computer Associates, Jean-Michel Bénard se montre très à son aise. Il se classe régulièrement parmi les meilleurs ingénieurs commerciaux. Il noue aussi une relation privilégiée avec Guy Porré, fondateur de la filiale française du groupe américain. Guy Porré investira d'ailleurs dans ITS Group dès 1998.
Jean-Michel Bénard a la chance de rester calme et serein en toutes circonstances. En 1997, c'est par un simple appel téléphonique qu'un manager allemand lui demande de quitter Computer Associates. D'autres auraient accusé le coup. Lui saura surmonter cette difficulté pour mieux rebondir.
Un négociateur habile
S'il évite les pratiques brutales avec ses collaborateurs, Jean-Michel Bénard est très exigeant. Ses employés les plus anciens sont habitués à ses méthodes. Ceux issus d'autres sociétés rachetées par ITS n'ont parfois pas pu s'adapter. Il essaie aussi de donner leur chance, si possible, à des candidats sortant des sentiers battus.
Dans les affaires, Jean-Michel Bénard est un habile négociateur. Il a mené à bien plusieurs acquisitions, parfois difficiles. Quand en 2005 il se lance à l'assaut de Seevia, certains le prennent pour un fou. Au prix d'un travail intensif, l'opération va fortement augmenter le chiffre d'affaires et la rentabilité de la société. De bout en bout, Jean-Michel Bénard a pu compter sur la précision de son directeur financier, Philippe Sauvé.
Depuis quelque temps, Jean-Michel Bénard aimerait racheter une autre société. A l'heure où les autres préfèrent réduire la voilure, en raison du gros temps, lui préfère prendre des initiatives. Il veut préserver l'indépendance de sa société dont il détient près de 32 %.
Son sens des négociations, Jean-Michel Bénard le cultive depuis longtemps. Etudiant à l'Estaca (école supérieure des Techniques aéronautiques et de Construction automobile), il était président du bureau des élèves. Il assumait à la fois l'organisation d'événements (galas, soirées, séjours au ski) et les accords avec les entreprises, comme Pernod Ricard.
Ses qualités d'homme d'affaires profitent parfois à ses amis. Il n'hésite pas à prendre des participations. Par exemple, il détient environ 10 % du capital de Nexway, un spécialiste de la vente de contenus en ligne. « Jean-Michel est un vrai entrepreneur. Il a de fortes convictions. J'échange régulièrement avec lui sur les moments clés de la société. J'apprécie sa ténacité et sa fidélité », explique Gilles Héridel, président de Nexway.
Garder la tête froide et pratiquer des loisirs simples
Jean-Michel Bénard a aussi ses défauts. Certains lui reprochent d'être économe. En même temps, c'est ce travers qui a permis la survie d'ITS après l'éclatement de la bulle Internet. Sans aucun doute, ce patron n'a jamais cédé aux sirènes de l'argent facile.
D'autres considèrent qu'il en demande toujours plus. Il aimerait que le travail de ses équipes soit mieux reconnu par les investisseurs et se montre déçu par le niveau du cours de Bourse.
Jean-Michel Bénard reste modeste sur ses succès. Il n'aime pas tellement parler de lui et préfère évoquer ITS en général. Il admet être à l'origine de la société mais souligne volontiers les qualités des gens qui l'entourent.
Tandis que certains dirigeants de SSII ont cédé à la mode « bling-bling », Jean-Michel Bénard garde des loisirs simples. Sa passion pour l'aviation ne l'empêche pas de garder les pieds sur terre. Il pratique plusieurs sports comme le vélo, la course à pied ou la natation. « Jean-Michel ne vous le dira pas mais il est fort physiquement. Je suis toujours surpris par son endurance à vélo », confie Gilles Héridel. Ce sont peut-être ces qualités physiques qui font la différence quand la crise économique fait rage.
OLIVIER AUBERGER