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Le microcrédit finance 150 millions de clients

25/10/2008 00:00 - JDF

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Il aura fallu toute l'énergie d'un homme pour que le microcrédit voit le jour. Au milieu des années 1970, dans un village du Bangladesh, un jeune professeur d'économie décide de prêter quelques dollars à une dizaine de paysans pauvres exclus du système bancaire traditionnel. L'effet de ce microprêt est immédiat. Non seulement les paysans améliorent rapidement leur situation, mais ils sont en mesure de rembourser leur dette. Muhammad Yunus vient d'inventer le microcrédit. Il met en place un premier programme en 1977, sous le nom de « Grameen Bank ». Il faut toutefois attendre 2006, lorsque Muhammad Yunus reçoit le prix Nobel de la paix, pour que le microcrédit soit enfin sous les feux des projecteurs. Aider les exclus du système bancaire « Le principe est d'aider des gens exclus du système bancaire à financer leur projet professionnel pour qu'ils puissent sortir de la pauvreté, explique Arnaud Poissonnier, fondateur du site Internet Babyloan.org. Il ne s'agit pas d'un don, puisque le préteur rembourse les fonds. » Le microcrédit propose également une alternative aux populations dont la seule source de financement consiste, la plupart du temps, à se tourner vers des usuriers qui prêtent à des taux d'intérêt allant de 100 % à 300 % par an ! « Les prêts sont gérés par des institutions de microcrédit (IMC) dont le rôle ne s'arrête pas à fournir des fonds, poursuit Arnaud Poissonnier. Elles accompagnent la personne dans son projet en l'aidant à organiser et développer son activité. » La formule connaît un grand succès. Il existe aujourd'hui 10.000 institutions de microfinance, qui ont d'ores et déjà permis l'accès au crédit à 150 millions de clients. La plupart des IMC trouvent leurs sources de financement auprès d'institutions financières comme la Banque mondiale. Mais les particuliers peuvent également aider les IMC. Le crédit coopératif propose par exemple en partenariat avec l'Association pour le droit à l'initiative économique (Adie) un livret bancaire : COD'Adie. Il s'agit d'un livret de partage dont le souscripteur choisit de reverser 50 % ou 75 % des intérêts à l'Adie. « Nous avons de nombreux partenaires agissant aussi bien en France, comme France Active ou Garrigue, qu'à l'étranger (Sidi/CCFD, Artisans du Monde...) », explique-t-on au Crédit Coopératif. D'autres formules ont même commencer à fleurir sur Internet. Le site américain Kiva (www.kiva.org) permet de financer en ligne les projets sélectionnés par l'organisation, et de suivre la progression de son prêt.
FRÉDÉRIC DURAND-BAZIN