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Infogrames ou la renaissance d'un éditeur de jeux vidéo

25/10/2008 00:00 - JDF

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Il y a moins d'un an encore, on ne donnait pas cher de la peau d'Infogrames. Engluée dans le statut des penny stocks en Bourse, la société pâtissait d'un manque d'ambition criant. Priorité était donnée au désendettement et à la restructuration financière. La stratégie éditoriale passait au second plan. Et le redressement des comptes tant espéré peinait à se matérialiser, malgré une industrie des jeux vidéo florissante.
L'éditeur lyonnais a changé de physionomie depuis. Il semble enfin prêt à profiter de la croissance encore solide du secteur. La structure financière est assainie depuis la recapitalisation assumée en début d'année par le principal actionnaire, le fonds BlueBay Capital. Les poches déficitaires ont été comblées. Le regroupement des actions au mois de mars a en outre permis au titre d'être plus conforme aux standards du marché. Mais, plus important encore, l'éditeur star des années 90 semble avoir restauré la confiance qui lui faisait désespérément défaut ces dernières années. Un nouvel élan à mettre au crédit de la nouvelle direction, en place depuis le mois de février, et composée de véritables professionnels de l'industrie.
Priorité aux jeux en ligne
« Les dirigeants sont en train de recréer une stratégie pour le groupe, explique Laurent Michaud, consultant à l'Idate. C'est ce qui manquait à Infogrames. » Sous la houlette de son directeur général, David Gardner, Infogrames fait preuve d'un activisme particulier.
Forte d'un bilan assaini, la société reprend les investissements dans l'édition de jeux, et notamment de jeux en ligne. « Infogrames veut devenir un acteur polyvalent sur le jeu en ligne, précise Fabrice Hamaide, capable de fournir une offre complète pour satisfaire le plus de joueurs. » L'éditeur lyonnais était jusque-là l'un des rares à ne pas s'être lancé dans l'aventure on line. Fait inédit : un studio de développement a été créé pour l'occasion à Londres. Depuis quelques années, Infogrames avait plutôt tendance à fermer ses studios afin de pouvoir combler ses pertes.
Infogrames n'a pas l'assise financière d'Ubisoft ou de EA, il ne peut engager 30 millions d'euros dans la production d'un jeu - somme habituelle pour les titres phares. Les ressources engagées pour l'édition de jeux en ligne sont moins importantes. Et le potentiel de croissance de ce segment demeure très important. Dans le cas d'un hypothétique tassement du marché - loin d'être envisagé -, ce segment serait le plus à même de résister.
Recentrée sur l'édition, la société se désengage peu à peu de son activité de distribution. En septembre, l'activité de distribution en Europe et en Asie a été filialisée et Infogrames a conclu un partenariat avec le japonais Namco Bandai pour lui céder 34 % du capital de cette entité, avec une option sur la vente du solde d'ici à 2012. Le sort du réseau de distribution aux Etats-Unis, plus performant, n'est pas encore scellé. Mais des alliances pourraient être conclues dans les trimestres prochains.
ROMAIN GUEUGNEAU