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Lexique atypique des produits dérivés

18/10/2008 00:00 - JDF

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CALLS

Pour jouer la hausse. Selon votre envie, vous pouvez parier sur le CAC 40, une action ou une paire de devises. Un call vous donne le droit d'acheter à une date donnée et à un prix défini à l'avance. Mais ce droit n'est jamais utilisé, les spéculateurs revendent avant.

CERTIFICATS

Cotés en Bourse, ces produits permettent de diversifier son portefeuille. Il en existe sur à peu près tout : indices, matières premières... Très populaires en Allemagne, les certificats ont du mal à décoller en France. Le marché français serait moins mûr pour les produits dérivés...

CFD

Ces contrats pour la différence permettent d'acheter à crédit. A la vente, vous encaissez des intérêts et vous profitez de la baisse éventuelle de l'action. Au moins, les CFD donnent une image simple de la Bourse : c'est un vrai temple de la spéculation. Depuis un an, ils ont du succès auprès des boursiers français les plus aguerris. Ces produits de gré à gré ne sont évidemment pas cotés sur la Bourse de Paris. D'ailleurs, Euronext se pose des questions à ce sujet. Les CFD nécessitent une sérieuse gestion des risques. Tout le monde ne peut pas prétendre conduire une Formule 1. En étant imprudent, vous risquez de finir dans le décor. Les pertes peuvent être supérieures à votre dépôt initial.

FUTURES

Depuis que Jérôme Kerviel a fait perdre 4,8 milliards d'euros à la Société Générale avec ces produits, tout le monde devrait connaître les futures. Ces contrats à terme peuvent être achetés ou vendus pour jouer la hausse ou la baisse d'un indice. Il en existe aussi sur les matières premières comme le pétrole. Les futures sont très risqués car vous n'avez besoin que d'un petit dépôt pour spéculer sur des sommes gigantesques. Nick Leeson, le trader qui a coulé la banque britannique Barings, s'en souvient encore. il a d'ailleurs eu l'audace d'expliquer comment il a réussi à torpiller un établissement qui avait deux cent cinquante ans d'existence. A part ça, certains ont fait fortune avec les futures, grâce à une solide gestion des risques. Mais peu de gens en parlent...

PUTs

Pour jouer la baisse. Les puts, ou options de vente, ont décollé depuis le début de l'année avec l'effondrement des marchés. Un produit qui n'est pas politiquement correct mais qui peut s'avérer bien utile dans les phases de baisse.

« SE COUPER UN BRAS »

Autrement dit prendre ses pertes. Ce n'est jamais agréable. Mais avec les produits dérivés, il faut impérativement savoir prendre ses pertes à temps. Ce n'est pas ça qui vous empêchera de faire de gros gains à d'autres moments.

TRACKERS

Selon leurs promoteurs, ce ne sont pas des produits dérivés mais des fonds indiciels cotés. Au départ, les trackers suivaient un indice simple comme le CAC 40. Maintenant? il en existe de toutes sortes. Les émetteurs rivalisent de mots anglais compliqués pour attirer les clients. Plaisanterie mise à part, les trackers peuvent s'avérer utiles car les frais de gestion sont très faibles par rapport à des fonds classiques.

TURBOS

Avec ces produits, vous pouvez mettre le turbo sur le CAC 40, à la hausse ou à la baisse. Mais si vous êtes dans le mauvais sens, vous pouvez aussi tout perdre. Les turbos sont destinés aux amateurs de vitesse. Pour leur propre sécurité, ils ont intérêt à avoir le permis...

WARRANTS

Les warrants sont tout sauf des produits sûrs. Certaines personnes sont accros au Loto, d'autres aux warrants. Pour le président d'un courtier en ligne, l'intérêt que ses clients ont pour les warrants est logique. Au moins, ils ne peuvent pas perdre plus que leur mise initiale. Avec les warrants, les gains peuvent être très importants. Les pertes aussi. A utiliser avec modération par les temps qui courent. Les marchés sont très agités. Et puis avec le temps va tout s'en va, même les plus beaux warrants. En effet, les warrants perdent de la valeur au fur et à mesure que le temps passe.
OLIVIER AUBERGER