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La gestion alternative privilégie la trésorerie

18/10/2008 00:00 - JDF

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Les fonds de fonds alternatifs se trouvent à leur tour confrontés à des ordres de rachat massifs. « Pourtant, le modèle a bien fonctionné jusqu'à présent, souligne Cyril Julliard, président d'Eraam, société de gestion de fonds de fonds alternatifs. La valeur liquidative de nos produits a très peu baissé par rapport aux pertes subies par les actions et les obligations d'entreprises. En revanche, leur capacité à rebondir est intacte. » Dix-huit mois après la quasi-faillite de LTCM en 1998, les fonds alternatifs affichaient un gain de 40 %. Olivier Ramé, directeur de la gestion chez UFG Alteram, dresse un constat similaire dans son dernier commentaire mensuel. « Même s'il reste de la volatilité, et peut-être de nouvelles heures difficiles à l'horizon, nous sommes aussi conscients du fait que la normalisation des marchés offrira sans aucun doute aux gérants alternatifs les moyens de délivrer des rendements très attrayants. Ce fut historiquement le cas après les crises de 1994, 1998 et 2002, où les indices de hedge funds ont offert des rendements de 15 %, 32 % et 18 % respectivement en 1995, 1999 et 2003. » En attendant ce nouvel élan, les gestionnaires sont sortis des fonds spécialisés dans les stratégies les plus malmenées. Il en va ainsi des fonds d'arbitrage de convertibles qui perdent cette année en moyenne 19,45 % à fin septembre, selon l'indice des hedge funds Credit Suisse-Tremont. Cependant, bien que la crise de liquidités semble s'atténuer progressivement, les gestionnaires anticipent toujours d'importantes sorties d'ici à la fin de l'année. « Les rachats pourraient atteindre 25 à 40 % des encours sur le quatrième trimestre », estime Cyril Julliard. Il a donc porté à 50 % le niveau de trésorerie de ses fonds. Même repli tactique chez AAAdvisors, filiale de la banque Neuflize OBC. « Nous réduisons les risques de nos fonds en sélectionnant les fonds alternatifs les plus liquides sur des stratégies à performance absolue. En outre, la part des fonds les plus dynamiques a été abaissée à 15 %, contre 30 à 35 % habituellement, et nous avons couvert le risque de marché des fonds classiques afin de bénéficier de la seule sélection de valeurs de leurs gérants », précise Olivier Couvreur, responsable de la gestion des fonds. Guillaume Merle, gérant de fonds de fonds à La Française des Placements, anticipe également une dernière vague de rachats d'ici à la fin de l'année. « Nous avons porté la part de trésorerie à 30 %, et nous privilégions les hedge funds multistratégies, donc très défensifs, sur les plates-formes les plus transparentes, comme celle de Lyxor », précise-t-il. En outre, pour limiter le risque opérationnel, il privilégie les fonds alternatifs qui disposent d'un historique de performance probant et qui respectent les critères de qualité définis par l'AMF pour les hedge funds français. Au-delà de la volonté de continuer à garantir une liquidité parfaite de leurs fonds de fonds alternatifs, les gérants se préparent aussi à tirer parti du nouvel environnement. « Les stratégies de demain ne sont pas celles qui ont donné satisfaction dans le passé », révèle Cyril Julliard.
NOTRE CONSEILContinuez à faire confiance aux gestionnaires de fonds de fonds alternatifs qui ont leurs équipes de gestion en France. Ils continuent à faire preuve d'une grande réactivité. Dans cette classe d'actifs la performance dépend essentiellement de la qualité des gérants. Le cadre légal français peut sembler contraignant, mais il constitue une garantie de sérieux.
JOËL ANTOINE