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Le Yen, grand gagnant de la crise

17/10/2008 09:36 - JDF

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S'il leur fallait désigner un gagnant de la crise sur le marché des devises, les cambistes mentionneraient sans aucun doute le yen. Et pour cause. La monnaie apparaissait depuis des années, avec le yuan, comme une monnaie sous-évaluée. Portée parfois au tapis par le mécanisme du carry trade, un curieux mécanisme qui avait durant des années fait les beaux jours de la finance mondiale.


Or c'est un fait : le Yen est en nette appréciation depuis début septembre face à un panier de devises étrangères, qu'il s'agisse de l'euro, du dollar américain et australien, de la livre sterling ou encore de la couronne suédoise. Mardi, l'euro oscillait entre 130,59 et 136,37 yens, dans une tendance globalement favorable à la monnaie japonaise.


Qu'il s'agisse de l'euro, du dollar australien, ou de la couronne suédoise, les monnaies sont affaiblies du fait des craintes d'une récession à l'échelle mondiale. Les opérateurs estiment que les gouvernements européens ont du mal à juguler la crise, c'est pourquoi les investisseurs fuient l'euro et la couronne suédoise. Quant à sa cousine, la couronne islandaise, est à l'agonie.


En cette période d'incertitude économique et de crise financière, une tendance s'est clairement dessinée : l'aversion au risque. Dans ce contexte de crainte généralisée, les cambistes se tournent vers les valeurs-refuges. Autrefois, le franc suisse pouvait jouir d'un tel statut. C'est désormais moins le cas, ce qui profite notamment au yen, et dans une moindre mesure au dollar. Il faut dire que les investisseurs délaissent les mouvements de spéculation sur le « carry trade ». Cette technique consiste à emprunter de l'argent à faible rendement (au Japon par exemple) pour l'investir dans des économies où les rendements sont meilleurs, à l'image des Etats-Unis, de l'Europe, ou, mieux encore, de l'Islande, de l'Australie ou de la Nouvelle Zélande. C'est dans ces trois pays que se trouvaient la majorité des fonds investis en « carry trade ».


Or le retournement du marché islandais, dont le pays est au bord de la faillite, et les difficultés économiques mondiales ont complètement renversé la tendance. Les cambistes qui avaient emprunté des yens, parfois pour les placer en couronnes islandaises à des taux supérieurs à 10 %, sont en train de rapatrier en masse ces mêmes yens afin de dénouer leurs positions de « carry trade ».


Le yen a par ailleurs assit son raffermissement face aux autres monnaies depuis les propos du président de la Réserve fédérale américaine, Ben Bernanke, qui avait averti que la reprise de l'économie américaine n'était pas pour « tout de suite ».


Le dollar se porte également bien par rapport aux autres devises du tableau ci-dessus, la monnaie américaine reprenant son rôle de valeur-refuge, à l'image de ce qui se passe avec l'or.


La monnaie japonaise est depuis un mois et demi la star du marché des changes. A l’inverse, les monnaies océaniennes sont délaissées.