Nos conseils pour investir dans l'or dans les meilleures conditions
L'histoire se répète. Quand tous les repères traditionnels volent en éclats, les investisseurs se rabattent sur le métal jaune. Que ce soit en 1973 lors du premier choc pétrolier, en 1979 lors de la révolution iranienne , en janvier 1980 lors de l'invasion de l'Afghanistan par les troupes russes, ou en 2001 lors des attentats sur le sol américain, la relique barbare fait figure d'unique valeur refuge aux yeux d'investisseurs paniqués. Car sur longue période, l'or est l'un des seuls actifs financiers à conserver son pouvoir d'achat. A 900 dollars l'once sur le marché (une once correspond à 31,1035 grammes d'or fin), son cours est certes encore loin de son sommet, atteint le 21 janvier 1980. Ajustés de l'inflation, les 850 dollars inscrits en 1980 équivalent aujourd'hui à environ 2.200 dollars... mais ce pic exceptionnel atteint en pleine crise pétrolière et militaire n'est pas un point de repère valable. Comme le soulignent les experts du World Gold Council, le prix moyen de l'once entre 1979 et 1981 était de 470 dollars, soit environ 1.100 dollars d'aujourd'hui. En près de trente ans, l'or aurait donc préservé l'essentiel de son pouvoir d'achat. Et sur un siècle, la démonstration est encore plus parlante. Les 20,67 dollars pour une once de l'année 1900, correspondent à quelques dizaines d'euros près aux 1.002,70 atteints au mois de mars 2008 !
De là à se ruer sur l'or les yeux fermés, il y a cependant un pas que nous ne franchirons pas. Car si les investisseurs qui ont acheté des pièces ou des lingots en 1970 avaient eu le nez creux (en dix ans, le cours de l'once a flambé de 35 dollars à 850 dollars !), ceux qui ont investi au plus haut en janvier 1980 ont attendu plus de vingt ans pour que les cours redécollent (l'once valait encore 254 dollars en avril 2001)...Et à 900 dollars aujourd'hui, ces investisseurs n'ont pas encore récupéré leur mise.
Face à l'ampleur de la crise financière et de la récession économique annoncée, Le Journal des Finances maintient sa recommandation de consacrer 10 à 15 % de ses actifs à l'or, mais attention à ne pas « courir après le papier ». Attention à ne pas acheter sous le coup de l'émotion. Depuis le 29 septembre, la volatilité des cours est extrêmement forte. L'or est aussi sensible aux variations de change, puisqu'il est coté en dollars... A titre d'exemple, entre le 29 septembre et le 6 octobre, le cours du napoléon s'est apprécié de 57 %, à 190 euros, avant de retomber à 130 euros deux jours plus tard... Achetez de l'or, oui, mais pas n'importe comment !
Acheter des lingots
Moins volatil que les pièces d'or, le lingot est un placement particulièrement symbolique. Il est l'expression même de la thésaurisation. Dans un contexte aussi incertain, le lingot rassure les ménages inquiets. Le cours de la barre de 1 kg est donc sensiblement orienté à la hausse ces derniers jours en raison d'un afflux d'ordres d'achat. De 19.900 euros le 29 septembre, son prix s'est hissé à 21.550 euros jeudi 9 octobre. Un gain de 8 % en 9 séances, à comparer à une chute de plus de 10 % pour l'indice CAC 40 sur la période.
Pour ceux qui seraient tentés de mettre un ou plusieurs lingots sous leur matelas, l'opération est extrêmement simple. L'or se négocie aussi facilement qu'une action. Il suffit de transmettre un ordre d'achat à son conseiller bancaire habituel, lequel se chargera de transmettre la demande à CPR Or, seul intermédiaire français assurant encore la cotation de l'or en France. De nombreux comptoirs spécialisés sont également en mesure d'exécuter votre demande. Le taux de courtage généralement appliqué oscille entre 1,5 % et 2,5 % selon les intermédiaires financiers. Quelques jours après, l'or vous sera physiquement remis en mains propres au guichet de votre banque ou au comptoir où l'ordre a été passé. Vous êtes ensuite libre de le laisser en sécurité dans le coffre de la banque en dépôt (ce que nous recommandons vivement), ou de le préserver des regards indiscrets à votre domicile.
Acheter des pièces
Pour les plus petites Bourses, l'achat de pièces est tout aussi envisageable. D'autant que leur moindre valeur permet de bénéficier d'une meilleure liquidité. On peut les vendre au compte-gouttes, selon les besoins. Autre avantage des pièces, vous pouvez acheter de l'or en restant anonyme, à condition de ne pas dépasser la somme de 3.000 euros en liquide.
D'une valeur proche de 150 euros (154,50 euros le 9/10) le napoléon se négocie aussi simplement qu'une action. Plusieurs types de pièces de valeur différente peuvent être mises en portefeuille. Du krugerrand sud-africain à la pièce de 50 pesos, le choix est large. Sachez toutefois que la valeur d'une pièce d'or ne dépend pas que des fluctuations du cours de l'once sur les marchés. D'un poids de 6,4516 grammes, le napoléon vaut en théorie un peu moins d'un cinquième du prix de l'once, corrigé des variations de change euro/dollar, soit un peu moins de 140 euros. Jeudi 9 octobre, il cotait 154,50 euros. Cette différence entre sa valeur en or et son prix s'appelle la prime. Plusieurs phénomènes peuvent la gonfler. Le premier est le mouvement de panique. C'est ce que nous avons vécu ces derniers jours. Le second est du à la rareté de la pièce, à son origine, à son état de conservation...
Si vous optez pour l'achat de pièces, calculez leur prix réel afin de vérifier que vous ne payez pas une prime trop élevée. Veillez ensuite à laisser les pièces achetées dans un plastique protecteur pour éviter qu'une rayure ou un choc ne viennent entamer leur valeur marchande. Comme pour le lingot, les pièces peuvent être conservées chez un dépositaire, banque comptoir ou CPR Or.
L'or papier
Jusqu'au 7 novembre 2005, le panel des possibilités se résumait à choisir entre les actions des mines d'or ou l'acquisition de parts de fonds spécialisés. Après trente ans de refus, le World Gold Council, qui gère les intérêts de la profession, a autorisé l'émission des premiers produits structurés (certificats, ETF ...) sur le métal jaune. Lyxor, filiale de Société Générale, a ouvert le bal avec son Gold Bullion Securities coté sur Euronext, suivi rapidement par ETF Securities, BNP Paribas, Société Générale ou encore ABN-Amro qui ont lancé des certificats répliquant les variations des cours de l'once moyennant une commission annuelle de l'ordre de 0,40 % TTC. Ces produits structurés permettent de profiter uniquement des fluctuations du métal précieux sans avoir à stocker l'or physique. La cotation en continu de ces produits accessibles à partir de quelques dizaines d'euros est un deuxième atout qui permet de les acheter aussi facilement qu'une action entre 9 h 05 et 17 h 25 sur Euronext Paris. De plus, pour ceux que les variations de change effraient, certains certificats sont affublés de l'adjectif « Quanto ». Ces certificats neutralisent les variations de la parité euro/dollar, particulièrement fortes depuis quelques semaines. Cette forme d'or n'offre pas l'aspect rassurant de l'or physique auprès d'investisseurs soucieux de se protéger contre une faillite en chaîne des banques. L'or papier représente en revanche un excellent outil de diversification pour les investisseurs moins anxieux sur l'avenir du système bancaire.
Et les mines d'or ?
Investir dans les mines d'or ne permet pas de bénéficier directement de la hausse des cours. Les sociétés aurifères sont des entreprises qui doivent faire face à des coûts d'exploitation. L'évolution des prix des matières premières, de l'énergie, le risque politique sont autant de paramètres qui vont influer sur l'évolution du cours de l'action. Pour investir dans des sociétés aurifères avec succès, il est préférable de s'en remettre aux compétences de gérants spécialisés dans le secteur minier. La gestion collective s'impose comme l'un des meilleurs moyens d'investir dans les mines d'or. La palette de fonds est large. La plupart d'entre eux proposent en outre un panachage avec d'autres métaux précieux comme le platine ou l'argent. Attention néanmoins aux droits d'entrée et aux frais de gestion parfois supérieurs à 4 % par an.
De là à se ruer sur l'or les yeux fermés, il y a cependant un pas que nous ne franchirons pas. Car si les investisseurs qui ont acheté des pièces ou des lingots en 1970 avaient eu le nez creux (en dix ans, le cours de l'once a flambé de 35 dollars à 850 dollars !), ceux qui ont investi au plus haut en janvier 1980 ont attendu plus de vingt ans pour que les cours redécollent (l'once valait encore 254 dollars en avril 2001)...Et à 900 dollars aujourd'hui, ces investisseurs n'ont pas encore récupéré leur mise.
Face à l'ampleur de la crise financière et de la récession économique annoncée, Le Journal des Finances maintient sa recommandation de consacrer 10 à 15 % de ses actifs à l'or, mais attention à ne pas « courir après le papier ». Attention à ne pas acheter sous le coup de l'émotion. Depuis le 29 septembre, la volatilité des cours est extrêmement forte. L'or est aussi sensible aux variations de change, puisqu'il est coté en dollars... A titre d'exemple, entre le 29 septembre et le 6 octobre, le cours du napoléon s'est apprécié de 57 %, à 190 euros, avant de retomber à 130 euros deux jours plus tard... Achetez de l'or, oui, mais pas n'importe comment !
Acheter des lingots
Moins volatil que les pièces d'or, le lingot est un placement particulièrement symbolique. Il est l'expression même de la thésaurisation. Dans un contexte aussi incertain, le lingot rassure les ménages inquiets. Le cours de la barre de 1 kg est donc sensiblement orienté à la hausse ces derniers jours en raison d'un afflux d'ordres d'achat. De 19.900 euros le 29 septembre, son prix s'est hissé à 21.550 euros jeudi 9 octobre. Un gain de 8 % en 9 séances, à comparer à une chute de plus de 10 % pour l'indice CAC 40 sur la période.
Pour ceux qui seraient tentés de mettre un ou plusieurs lingots sous leur matelas, l'opération est extrêmement simple. L'or se négocie aussi facilement qu'une action. Il suffit de transmettre un ordre d'achat à son conseiller bancaire habituel, lequel se chargera de transmettre la demande à CPR Or, seul intermédiaire français assurant encore la cotation de l'or en France. De nombreux comptoirs spécialisés sont également en mesure d'exécuter votre demande. Le taux de courtage généralement appliqué oscille entre 1,5 % et 2,5 % selon les intermédiaires financiers. Quelques jours après, l'or vous sera physiquement remis en mains propres au guichet de votre banque ou au comptoir où l'ordre a été passé. Vous êtes ensuite libre de le laisser en sécurité dans le coffre de la banque en dépôt (ce que nous recommandons vivement), ou de le préserver des regards indiscrets à votre domicile.
Acheter des pièces
Pour les plus petites Bourses, l'achat de pièces est tout aussi envisageable. D'autant que leur moindre valeur permet de bénéficier d'une meilleure liquidité. On peut les vendre au compte-gouttes, selon les besoins. Autre avantage des pièces, vous pouvez acheter de l'or en restant anonyme, à condition de ne pas dépasser la somme de 3.000 euros en liquide.
D'une valeur proche de 150 euros (154,50 euros le 9/10) le napoléon se négocie aussi simplement qu'une action. Plusieurs types de pièces de valeur différente peuvent être mises en portefeuille. Du krugerrand sud-africain à la pièce de 50 pesos, le choix est large. Sachez toutefois que la valeur d'une pièce d'or ne dépend pas que des fluctuations du cours de l'once sur les marchés. D'un poids de 6,4516 grammes, le napoléon vaut en théorie un peu moins d'un cinquième du prix de l'once, corrigé des variations de change euro/dollar, soit un peu moins de 140 euros. Jeudi 9 octobre, il cotait 154,50 euros. Cette différence entre sa valeur en or et son prix s'appelle la prime. Plusieurs phénomènes peuvent la gonfler. Le premier est le mouvement de panique. C'est ce que nous avons vécu ces derniers jours. Le second est du à la rareté de la pièce, à son origine, à son état de conservation...
Si vous optez pour l'achat de pièces, calculez leur prix réel afin de vérifier que vous ne payez pas une prime trop élevée. Veillez ensuite à laisser les pièces achetées dans un plastique protecteur pour éviter qu'une rayure ou un choc ne viennent entamer leur valeur marchande. Comme pour le lingot, les pièces peuvent être conservées chez un dépositaire, banque comptoir ou CPR Or.
L'or papier
Jusqu'au 7 novembre 2005, le panel des possibilités se résumait à choisir entre les actions des mines d'or ou l'acquisition de parts de fonds spécialisés. Après trente ans de refus, le World Gold Council, qui gère les intérêts de la profession, a autorisé l'émission des premiers produits structurés (certificats, ETF ...) sur le métal jaune. Lyxor, filiale de Société Générale, a ouvert le bal avec son Gold Bullion Securities coté sur Euronext, suivi rapidement par ETF Securities, BNP Paribas, Société Générale ou encore ABN-Amro qui ont lancé des certificats répliquant les variations des cours de l'once moyennant une commission annuelle de l'ordre de 0,40 % TTC. Ces produits structurés permettent de profiter uniquement des fluctuations du métal précieux sans avoir à stocker l'or physique. La cotation en continu de ces produits accessibles à partir de quelques dizaines d'euros est un deuxième atout qui permet de les acheter aussi facilement qu'une action entre 9 h 05 et 17 h 25 sur Euronext Paris. De plus, pour ceux que les variations de change effraient, certains certificats sont affublés de l'adjectif « Quanto ». Ces certificats neutralisent les variations de la parité euro/dollar, particulièrement fortes depuis quelques semaines. Cette forme d'or n'offre pas l'aspect rassurant de l'or physique auprès d'investisseurs soucieux de se protéger contre une faillite en chaîne des banques. L'or papier représente en revanche un excellent outil de diversification pour les investisseurs moins anxieux sur l'avenir du système bancaire.
Et les mines d'or ?
Investir dans les mines d'or ne permet pas de bénéficier directement de la hausse des cours. Les sociétés aurifères sont des entreprises qui doivent faire face à des coûts d'exploitation. L'évolution des prix des matières premières, de l'énergie, le risque politique sont autant de paramètres qui vont influer sur l'évolution du cours de l'action. Pour investir dans des sociétés aurifères avec succès, il est préférable de s'en remettre aux compétences de gérants spécialisés dans le secteur minier. La gestion collective s'impose comme l'un des meilleurs moyens d'investir dans les mines d'or. La palette de fonds est large. La plupart d'entre eux proposent en outre un panachage avec d'autres métaux précieux comme le platine ou l'argent. Attention néanmoins aux droits d'entrée et aux frais de gestion parfois supérieurs à 4 % par an.
PAR YANNICK ROUDAUT
