Au bord du gouffre, le système bancaire s'en remet aux gouvernements

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Les plans de relance étatiques se succèdent
Pour endiguer les potentielles nouvelles faillites bancaires, les gouvernements sont prêts à tout mettre en oeuvre. « Whatever it takes » est devenu le nouveau refrain de Gordon Brown, le chef du gouvernement britannique. Ce « whatever » recouvre un large spectre d'initiatives, de la recapitalisation des banques en difficulté à la mise en place de structures de défaisance, en passant par les accords de garanties. Mais jour après jour il devient surtout synonyme de nationalisation. L'Islande a franchi le cap. Les autres Etats s'en rapprochent à grands pas.
Des banques maintenues sous perfusion
Ces nationalisations sauvent les établissements de la banqueroute. Mais elles suscitent aussi des polémiques, car elles engagent les finances des contribuables dans des opérations bouclées à la va-vite. Avant tout, elles n'ont pas empêché la panique de se propager aux particuliers et les marchés de la liquidité de poursuivre leur processus d'auto-étranglement.
Même les injections massives et répétées des banques centrales, ainsi que leur action commune de baisse des taux, n'ont apporté aucune détente au secteur.
Malgré ces mesures, les Credit Default Swaps (CDS), ou en français « contrats de protection contre les faillites », des établissements bancaires plafonnent toujours aux sommets atteints après la faillite de Lehman Brothers.
D'après la mesure des CDS, et si on se réfère aux titres émis par Ixis, les établissements européens les plus menacés de défaillance sont UBS et Commerzbank. Les banques britanniques, qui pourront pourtant être recapitalisées par voie étatique, tremblent encore.
La solvabilité des banques doit être questionnée
Si le marché bancaire poursuit sa descente aux enfers, c'est parce qu'aucune mesure gouvernementale ou politique ne peut s'attaquer au coeur du problème : la solvabilité des banques. Les établissements qui ont gorgé leurs bilans d'actifs « toxiques », ne souffrent pas uniquement de la crise de liquidités, mais bien d'insolvabilité.
Malgré les ondes de choc provoquées par chaque faillite, il serait sans doute souhaitable d'abandonner à leur sort les établissements malades. Cela afin de pouvoir sauver les autres.
Les Etats ne peuvent plus s'épuiser à préserver un secteur dans son intégralité. Ils devraient réserver leurs liquidités aux établissements sains. Seul un marché bancaire lisible pourra retrouver la confiance des marchés.
ANNE DE GUIGNÉ
