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Après le cataclysme de ces derniers jours sur les marchés financiers, de nombreuses voix se sont élevées en faveur de la tenue rapide d'un nouveau Bretton Woods. La crise a démontré que la globalisation financière échappe aujourd'hui à toute supervision. C'est pourquoi, pour Christian de Boissieu, président du Conseil d'analyse économique,
« ce dont la communauté internationale a besoin, c'est d'une organisation mondiale de la finance ». Aujourd'hui, même s'il existe de multiples régulateurs internationaux, il s'agit le plus souvent de structures partielles ou consultatives. En plus, les pays émergents y sont peu représentés. Il paraît donc nécessaire de tirer les leçons des problèmes provoqués aussi bien par les agences de notation que par les normes comptables. Pour Jean-Hervé Lorenzi, président du Cercle des économistes, les grandes lignes de ce nouveau Bretton Woods comprendraient une révision des normes comptables de la finance (le
market tomarket), une supervision des hedge funds et un durcissement des règles prudentielles. En clair : une remise en question de l'idéologie anglo-saxonne des marchés dérégulés. Même si la crise a déjà des effets non négligeables sur l'économie réelle, il estime qu'il est d'abord nécessaire
de « sortir de la crise financière le plus vite possible, et, ensuite, il faudra certainement soutenir la croissance. Et seule la convocation rapide d'un Bretton Woods financier, une conférence mondiale, permettra aux marchés de se calmer ». Une idée aujourd'hui reprise en choeur par les gouvernements britannique, allemand, italien et français. Proposée par Nicolas Sarkozy, l'idée d'un G8 élargi sur le thème de la crise financière pourrait bientôt se concrétiser, selon le Premier ministre britannique, Gordon Brown. Outre l'Allemagne, le Canada, les Etats-Unis, la France, la Grande-Bretagne, le Japon, l'Italie et la Russie, d'autres grandes économies comme la Chine, l'Inde et le Brésil seraient conviées. La date de cette réunion ne serait pas encore fixée, mais elle devrait se tenir juste après l'élection présidentielle américaine, au début du mois de novembre. Mais, pour Christian de Boissieu, il est nécessaire de prendre une décision politique qui dépasse le simple cadre du G8. Et c'est pourquoi, selon lui, on peut parler d'un nouveau Bretton Woods, même s'il sera très différent dans son contenu de celui de 1944-1945.
C.F.