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Le Fonds monétaire international impuissant face à la crise mondiale

11/10/2008 00:00 - JDF

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Depuis plusieurs mois, Dominique Strauss-Kahn, actuel directeur général du Fonds monétaire international (FMI), plaide en faveur d'une réponse planétaire à la crise mondiale actuelle. « Le FMI ne peut plus se contenter d'être un gendarme qui prête de l'argent », déclarait-il quelques jours après son élection au poste de directeur général. Précisant que le Fonds « doit avoir une vision plus vaste de sa mission et aussi renforcer sa légitimité ». Mais ces statuts ne lui permettent pas de décider d'une politique globale. L'instance estime avoir rempli son rôle d'analyste au cours des derniers mois, et attend désormais d'avoir le pouvoir d'en faire davantage. L'assemblée générale qui se tiendra ce week-end sera l'occasion de discuter de ce mandat avec les ministres des Finances de ses 185 pays membres. Cette semaine, le patron du FMI a de nouveau insisté sur le fait que « le temps des solutions au cas par cas est révolu ». La priorité étant de restaurer la confiance dans le secteur financier. « La finance doit être contrôlée. Nous sommes prêts à le faire si on nous en donne le mandat. Nous sommes dans notre rôle, et je le revendique », a ajouté Dominique Strauss-Khan. Jusque-là le FMI s'est surtout illustré par le chiffrage de la crise. En avril, l'institution estimait que les pertes sur créances américaines et titres sécurisés s'élèveraient à 945 milliards de dollars. Un chiffre qui avait alors vivement été critiqué car jugé trop pessimiste. Six mois plus tard, l'estimation a été relevée à 1.400 milliards de dollars. Des prévisions peu encourageantes Selon le FMI, la stabilité financière mondiale est encore plus à risque aujourd'hui qu'elle ne l'était en avril, et les risques de répercussion de la crise financière sur l'économie plus aigus. Un constat qui l'a amené a réviser une nouvelle fois à la baisse ses prévisions pour 2008 et pour 2009. Les estimations reposent sur l'hypothèse que les autorités américaines et européennes réussissent à stabiliser les marchés financiers et à prévenir les nouveaux risques systémiques. Et même si une réponse coordonnée était trouvée, l'économie mondiale connaîtrait un ralentissement majeur. Pour autant, aucune grande dépression comparable à celle des années 1930 n'est attendue. La croissance mondiale devrait tomber de 5 % par an en 2007 à 3,9 % en 2008. En 2009, le fonds ne prévoit plus que 3 % de croissance, soit son rythme le plus lent depuis 2002. Les Etats-Unis devraient connaître une croissance de 0,5 % en 2009, après 1,5 % cette année. Le Vieux Continent devrait, lui, être encore plus durement touché. Après une croissance anémique de 1,6 % cette année, la zone euro devrait quasi stagner en 2009. Le FMI anticipe même une légère récession l'an prochain pour les économies espagnole, italienne et britannique. Les pays émergents ne seront pas épargnés non plus par ce ralentissement, mais dans une moindre mesure, avec des progressions de 6,9 % en 2008 et de 6,1 % en 2009. Cependant, le FMI n'écarte pas un délitement de la consommation plus important qu'anticipé dans les pays émergents.
CLÉMENCE FUGAIN