Archives Journal des Finances

Le nouveau Technip, plus rentable, plus sélectif, a tout pour séduire

04/10/2008 00:00 - JDF

  Texte plus grand Texte plus petit Séparateur

P33-Tab-Technip.gif -

 
Les marchés sont coutumiers des réactions épidermiques à l'égard du titre du groupe d'ingénierie et de services pétroliers. Son repli de 30 % sur le seul dernier mois en apporte une nouvelle preuve. La raison ne tient pas cette fois-ci à un énième avertissement sur les résultats mais à la défiance généralisée des investisseurs à l'encontre des valeurs liées au pétrole. Rien pourtant sur le plan de l'activité et des fondamentaux ne justifie une telle sanction. « Nous n'avons pas de raisons de remettre en cause nos prévisions d'activité pour l'ensemble de l'exercice, confirme Olivier Dubois, directeur financier du groupe. Nous anticipons toujours un chiffre d'affaires d'environ 7,4 milliards d'euros et une marge opérationnelle de 8 % », renchérit-il. Les perspectives pour 2009 et au-delà s'annoncent pour l'heure sous des augures toujours aussi favorables. Certes, le carnet de commandes s'inscrivait en repli de 17 % sur un an au 30 juin, pour s'établir à 8,1 milliards d'euros. Mais ce recul tient tout autant à des retards dans l'attribution d'un certain nombre de contrats - aucune grande commande n'est attendue avant la fin de l'année - qu'à la nouvelle stratégie mise en place. Priorité à la rentabilité Fort de ses déboires sur des contrats emblématiques, le groupe se montre désormais plus sélectif afin d'améliorer la qualité des affaires remportées. Les contrats géants livrés clés en main ne sont plus autant visés, notamment dans certaines régions du monde (Amérique du Nord, etc.). La préférence va désormais aux commandes de plus petite taille représentant plusieurs centaines de millions d'euros. Ce qui se traduira par une baisse des risques d'exécution. D'autre part, « la nouvelle organisation de la société, plus décentralisée et plus responsabilisante, devrait contribuer à développer chez les salariés une culture de la rentabilité », fait remarquer Olivier Dubois. De fait, la priorité est donnée à l'amélioration de la profitabilité pour les segments de l'onshore et de la construction de plates-formes, dont la marge d'exploitation combinée devrait s'établir à peine à 3,8 % cette année. Cela passe par la réduction de la part des contrats clés en main à prix forfaitaire dans le portefeuille au profit des contrats facturés en remboursable (cost plus fee), par une meilleure répartition géographique des commandes et par la généralisation des contrats en multidevises (afin de limiter le risque de change). Le groupe entend en revanche poursuivre le développement de l'activité de conduites sous-marines, confrontée à des contraintes de capacité au niveau mondial. D'autant qu'elle dégage une rentabilité élevée (la marge opérationnelle devrait dépasser 18 % cette année). Une performance qui tient à un juste équilibre du carnet de commandes - un seul grand contrat est exécuté à la fois pour une meilleure allocation des ressources du groupe (navires de pose et usines de fabrication) - et à une amélioration de la qualité d'exécution des contrats. L'année 2009 apportera au total une parfaite illustration comptable de la nouvelle stratégie. « Il est vraisemblable que le chiffre d'affaires baissera l'an prochain, indique ainsi Olivier Dubois, mais l'amélioration de la rentabilité opérationnelle se poursuivra» Nous tablons ainsi sur un bénéfice net de 432 millions d'euros, après 382 millions pour l'exercice en cours. Des prévisions que le cours de Bourse capitalise à peine respectivement 9,3 et 10,5 fois, soit à des niveaux très éloignés des ratios historiques de Technip et qui apparaissent d'autant plus faibles que le groupe possède une structure financière saine (avec une trésorerie nette de 1,5 milliard au 30 juin) et une belle visibilité.
NOTRE CONSEILAchat en visant un objectif de cours de 56 euros dans un premier temps (code : TEC, Comp. A, SRD).
PAR CHRISTOPHE SOUBIRAN