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Retour en force des valeurs défensives, chute des financières et des cycliques

20/09/2008 00:00 - JDF

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Les banques et les compagnies d'assurances ne sont pas les seules victimes de la chute des marchés. Le retour de l'indice CAC 40 sur les 4.000 points traduit un vaste mouvement de repositionnement des investisseurs autour des secteurs les plus défensifs, au détriment des valeurs financières et des cycliques qui sont les premières victimes des craintes de ralentissement économiques dans le monde. Le classement des plus fortes hausses et des plus fortes baisses montre que, dans la tempête boursière, les investisseurs cherchent à se rassurer en opérant un repli stratégique sur les valeurs agroalimentaires, la santé et les télécommunications. D'où la très bonne tenue depuis quelques semaines de titres comme Essilor International, Danone, Silic et Klépierre parmi les sociétés foncières, ainsi que France Télécom, qui résiste autour de 20 euros. Toutes ces valeurs avaient été fortement attaquées durant ces derniers mois et étaient revenues à des niveaux de valorisation extrêmement faibles au regard de la bonne visibilité qu'elles offrent sur l'évolution de leurs résultats. En tête des hausses figure aussi l'action TF1, que nous avions conseillée à l'achat début août et sur laquelle nous recommandons de prendre des bénéfices à partir de 13 euros. Le rebond du dollar face à l'euro est de bon augure La baisse du prix du pétrole et la vigueur retrouvée du dollar vis-à-vis de l'euro sont également à l'origine de nombreux arbitrages. Parmi les meilleures performances de la cote depuis un mois figurent en effet un bon nombre de grands groupes, comme Danone, L'Oréal, Essilor International, Safran ou STMicroelectronics, très présents sur les marchés extérieurs. C'est également le cas de sociétés plus petites, comme Oberthur, Neopost, Vilmorin ou Hermès. Le retour du dollar autour de 1,40 face à l'euro améliore la compétitivité des produits européens sur le marché international et se traduit par une meilleure appréciation dans les comptes des bénéfices réalisés dans les zones dépendant du billet vert. De son côté, Air Liquide profite en plus de la baisse du prix des matières premières. Du côté des baisses, les financières arrivent largement en tête. Les actionnaires de Natixis qui ont participé à l'introduction en Bourse à 19,5 euros fin 2006 se retrouvent aujourd'hui avec un titre qui ne vaut guère plus de 2 euros à cause de l'irresponsabilité des dirigeants de l'établissement. La crise des subprimes a bon dos ! Les sociétés de portefeuilles Eurazeo et Wendel sont emportées par la tempête financière au même titre que Crédit Agricole et Allianz. Mais ce qui frappe, c'est la baisse du secteur de l'énergie, avec Technip, Maurel & Prom, EDF, et surtout Total. Elle s'explique par la chute du prix du pétrole, dont dépend l'ensemble des prix de la filière énergétique. Ces sanctions paraissent excessives, car le secteur de l'énergie offre toujours une bonne visibilité, et les résultats des sociétés concernées sont très peu révisés à la baisse. Dans le cas des groupes pétroliers, la hausse du dollar compense par ailleurs une bonne partie des pertes de recettes liées à la baisse du prix du pétrole. Les valeurs sensibles à l'évolution du cycle économique, comme ArcelorMittal, Renault, Peugeot ou Saint-Gobain, sont également touchées. Elles resteront sous pression tant que les nuages ne se seront pas dissipés.
ROLAND LASKINE